KTL>>>merci =^_^=
oui, il y a des chances pour que Carine ait même un grand rôle dans cette histoire, je m'y suis attachée très vite ^^
(parce qu'ils auront tous un rôle plus ou moins développé, hein... ce serait trop simple sinon ;p)
(ptdr je crois que je préfère Kiyoshi comme il est)
Kaya-chan>>>nyo merci ^_^
*n'aimerait pas non plus avoir les pouvoirs de Claude ou Ange*
*celui de Aaron non plus j'aimerais pas, pas envie de savoir ce que les autres pensent de moi*
kokoroyume>>>^^ merci beaucoup
(ptdr, n'aime pas courir, comme pas mal de monde ici paraitrait-il ;p)
^^ bon, tant mieux (ben oui parce que bon, des persos mal aimé, c'est pas toujours terrible ^^")
___
Chapitre trois :
Mathilde sourit. Installée tranquillement sur sa chaise, elle prenait des notes avec application. Mais son esprit était ailleurs. Plus que cinq minutes, et ce serait fini, et elle pourrait sortir, et elle pourrait retrouver les autres, et elle pourrait leur dit beaucoup de choses…
Mathilde méritait sans aucun doute le titre de reine des commères. Elle n’aimait rien tant que répandre des rumeurs, rien tant que tout savoir. Et puis, au moins, elle mettait un point d’honneur à ce que toutes les rumeurs qu’elle lançait soient fondées. Qu’elles se déforment après, en passant d’une oreille à l’autre, ce n’était pas son problème.
Plus qu’une minute.
Une minute de pas tout à fait supplice, parce que le cours la passionnait, c’était de l’histoire, c’était la matière qu’elle préférait. Ça n’avait rien à voir avec la matière. C’était juste qu’elle voulait rejoindre ses amis.
La cloche sonna.
Mathilde sursauta, se leva, et se rassit aussi sec, rougissante, quand elle s’aperçut que son professeur n’avait pas fini sa phrase.
Heureusement, il n’avait rien remarqué.
Ils étaient déjà installés quand elle atteignit – enfin – la cantine ; elle s’assit entre Marc et Jeanne pour être en face d’Eliette.
« - Bonjour, la salua cette dernière.
- Bonjour, répondit Mathilde. »
Et elle s’apprêtait à enchaîner avec un des ragots dont elle était friande, parce que Eliette faisait au moins semblant de s’y intéresser et que c’était agréable de discuter avec elle, quand la voix d’Etoile s’éleva.
« - Adrien n’est pas avec toi ? demanda-t-elle, un peu surprise.
- Hm ? Non, non, dit Mathilde. Il s’est fait renvoyer du cours d’anglais, le professeur n’a pas apprécié qu’il écoute de la musique en cours, et…
- Mathilde, on sait. On est dans la même classe, fit remarquer Carine.
- Oh. Oui, c’est vrai, lâcha Mathilde, dépitée. »
Une histoire de moins à raconter.
« - La vraie question, c’est comment est-ce que toi, tu le sais, marmonna Julien.
- Mathilde sait tout, répondit Etoile.
- Tout à fait ! approuva Mathilde. »
Julien leva les yeux au ciel. Eliette étouffa un rire dans son poing.
« - Parce que toi, ça te fait rire ? lâcha le jeune homme, un peu trop agressivement.
- N-non… enfin… je veux dire… oui… bredouilla Eliette. »
Elle était devenue plus rouge qu’une écrevisse ; Julien renifla et haussa les épaules d’un air dédaigneux. C’était un geste auquel il était habitué et il n’y faisait même plus attention. Sans ça, il aurait sans doute remarqué l’air peiné de son amie.
Mathilde haussa brièvement un sourcil. Ça, c’était intéressant. Du moins, ça l’aurait pu l’être, si un regard ferme de Carine ne lui avait pas intimé de ne pas se mêler de ça.
Mathilde avait appris depuis quelques années déjà à ne pas contrarier Carine.
Zut.
Une rumeur de moins.
Adrien les rejoignit dix minutes plus tard, évitant soigneusement de justifier son retard, ce dont tout le monde se serait moqué, d’ailleurs.
*
**
Aude était assise en face de Simon et Marion, et elle se sentait mal à l’aise. Elle se sentait toujours mal à l’aise quand elle était en présence de ces deux-là, elle ne savait pas trop pourquoi. Elle les évitait d’ailleurs autant que possible, ce qui était d’autant plus facile qu’ils n’étaient pas dans la même classe ; seulement voilà : sa meilleure amie, Ange, insistait pour déjeuner tous les jours avec son cousin Claude et Claude déjeunait avec Simon et Marion.
Et Aude n’aimait pas manger seule.
Elle n’aimait pas non plus se sentir mal à l’aise.
Dire qu’elle ne savait pas pourquoi n’était pas vraiment honnête. En fait, elle avait bien une petite idée… bon, elle savait que c’était ça.
C’était simplement qu’elle avait conscience que Simon, avec ses cheveux roux impossibles à coiffer, son visage constellé de taches de rousseurs et son corps un peu trop grand, un peu trop maigre, n’avait rien de spécial et que Marion, toute petite, toute ronde, avec de longs cheveux châtain, des yeux noirs qui lui mangeaient le visage et des dents de devant qui ne pouvait que rappeler un rongeur, réussissait à être mignonne, très mignonne même.
Et elle, avec son visage de poupée barbie – une poupée barbie aux cheveux noirs et courts -, sa taille mannequin, elle qui posait déjà pour des lignes de vêtements pour adolescents, elle se sentait imparfaite quand elle se retrouvait face à ces deux-là.
Comme s’il lui manquait quelque chose.
Quelque chose qui la différencierait des autres.
Aude frémit, se leva d’un coup et alla ranger son plateau, empochant son dessert. Puis elle sortit aussi vite qu’elle pouvait se le permettre sans avoir l’air de fuir.
Arrivée dehors, elle respira un grand coup.
Et mordit dans sa pomme.
Finalement, elle ferait peut-être mieux de déjeuner seule, dorénavant. Mais en même temps…
Ange la rejoignit, l’air un peu inquiète, un peu triste aussi. Mais Ange avait toujours l’air un peu triste.
« - Ça va ? s’enquit la jeune fille. »
Aude n’allait pas bien du tout, mais elle se força à sourire. Ce n’était vraiment rien de grave, inutile d’alarmer son amie pour ça.
« - Oui. Je voulais juste prendre un peu l’air… »
Ange hocha la tête. Mais elle ne paraissait pas convaincue.
« - Je vais bien, je t’assure !
- Aude…
- Oui ?
- Je suis désolée. »
Aude sursauta. Elle ne s’y attendait pas à celle-là.
« - De quoi ? s’étonna-t-elle.
- De te forcer à déjeuner avec Simon et Marion tous les jours.
- Tu ne me forces pas ! s’exclama Aude.
- Mais tu le fais parce que je suis là, non ? Je… je sais que tu ne les aimes pas trop… »
Aude secoua vivement la tête.
« - Ce n’est pas ça ! Je t’assure, Ange, ce n’est pas ça ! Rien à voir ! »
Ange soupira légèrement. Aude était gentille, mais mentir était inutile. Ange pouvait voir que son amie était mal à l’aise dés que Simon et Marion approchaient, ça se lisait dans ses yeux, son visage, sa voix, pour peu qu’on y prête suffisamment d’attention, et Ange était très attentive, pour ça.
« - Aude… tu es sûre ? demanda-t-elle. On pourrait déjeuner seules, tu sais.
- C’est bon ! répondit Aude. Et puis, tu aimes déjeuner avec Claude, n’est-ce-pas ?
- Oui… oui. »
Mais tout de même. Si ça devait gêner son amie à ce point…
Ange soupira.
Et, encore une fois, ne put s’empêcher de souhaiter ne jamais avoir eu connaissance des sentiments de son amie.
Ce n’était pas la première fois.
Ce ne serait pas non plus la dernière.
*
**
Amina se laissa tomber dans un fauteuil, laissant échapper un soupir désespéré. C’était ces jours-ci qui lui donnait l’impression qu’elle ne se ferait jamais au parler canadien. Depuis six mois qu’elle vivait ici, elle arrivait à peine à comprendre certaines phrases.
Et à côté de ça, quand elle parlait à Zahra, son amie trouvait le moyen de lui sortir qu’elle avait déjà pris certaines expressions.
Possible. Mais elle avait quand même du mal à s’y faire.
Enfin, il était nécessaire qu’elle fasse ses études ici, de toute façon – ici ou en Belgique, et elle préférais ici, finalement. C’était plus loin de chez elle, bien sûr, mais c’était aussi plus… Plus froid, en fait.
Peu importe.
Amina délaça ses bottes fourrées, les envoyant voler dans un coin de la pièce. Elle n’avait jamais été très soigneuse avec ses affaires. Sans doute pour ça que ses parents avaient tellement hésité avant de la laisser partir seule.
C’était vrai qu’elle avait eu du mal, au début, mais maintenant elle était parfaitement habituée à son nouveau rythme de vie et ça ne la dérangeait plus de cumuler les études et le travail à la librairie.
Elle rentrait tard, mais les heures qu’elle passait là-bas, entourée par les livres, l’aidaient toujours à se détendre.
C’était agréable. C’était simple.
C’était comme ça qu’elle aurait aimé vivre, peut-être. Mais ça n’allait pas du tout avec ses études de criminologie, alors elle évitait soigneusement d’y songer.
Plutôt songer à ce qu’elle allait faire dans l’immédiat, par exemple. Cet appel lancé sur le net, elle y avait répondu par pure curiosité, mais aussi parce que, elle devait bien l’avouer, la possibilité de ne pas être seule l’attirait.
Ce serait une chose vraiment incroyable, non ? Qu’ils soient plusieurs, comme ça, à avoir des pouvoirs… Pas vraiment des pouvoirs.
En tout cas, Cole n’appelait pas ça comme ça. Une perception supérieure à la moyenne, disait-il, parce que c’était basé sur leur perception, c’était certain, sur le travail de leurs sens et de leur intuition.
Elle n’était pas sûre d’être d’accord. Pour elle, cette explication pouvait convenir, mais pas pour Cole. Pas pour Vera.
Amina se leva, alluma le minuscule radiateur qui l’aidait à supporter son premier hiver vraiment glacial, prit un cd au hasard et mis le lecteur en marche.
La musique l’aidait à se concentrer, toujours, à fixer ses pensées sur quelque chose. Et là, elle avait besoin de se concentrer… de réfléchir un peu, au moins.
Etrange, cet appel. C’était presque trop beau. Elle avait déjà eu cette impression en rencontrant Cole. Un peu trop beau pour être vrai.
Un peu trop beau pour être dû au hasard, peut-être.
Et maintenant, ils semblaient destinés à en rencontrer d’autres comme eux.
Comme si quelque chose d’invisible les attirait…
Amina haussa les épaules. Peu importe. Elle ne croyait pas au destin et elle se moquait bien de ce qui pouvait les réunir.
Elle irait.
Tant pis pour ses études. Elle irait.
*
**
« -
Va fa’n culo* ! »
Un claquement sec lui signala que Vera lui avait raccroché au nez. Cole grimaça. Pour une fois, il aurait bien aimé que la jeune femme s’abstienne de lui faire part de son opinion.
Le nombre de jurons bien sentis que Vera pouvait débiter en une minute de temps l’étonnait toujours. Incroyable comme elle pouvait passer d’une jeune femme modèle à… ça.
Tout de même, là, il la trouvait un peu trop susceptible.
Après tout, il avait dépensé une fortune pour cet appel en Italie, uniquement pour la prévenir, lui dire qu’il partait, qu’il y allait, et lui demander si elle comptait aussi faire le voyage jusqu’à Paris.
Certes, la conversation avait un peu dévié.
Beaucoup.
D’accord, c’était lui qui l’avait dévié, et il avait peut-être un peu exagéré. Mais était-ce une raison pour se montrer si vulgaire ?
Oui, décida Cole après un temps de réflexion. C’était même une excellente raison.
Et puisqu’il semblait destiné à rencontrer Vera dans un avenir proche, il avait tout intérêt à s’excuser. Enfin, s’il tenait à ses yeux.
Cole soupira. C’était donc ça, les risques qu’on prenait à essayer d’apprivoiser une furie.
*
**
Il y avait certains jours, comme celui-ci, où Vera était persuadée d’être tombée sur le plus grand imbécile de la terre.
Il y avait certains jours, comme celui-ci, où elle détestait Cole tellement fort qu’elle l’aurait étranglé sans aucune hésitation s’il s’était trouvé devant elle.
Il exagérait.
C’était indiscutable, il exagérait, et elle en avait marre, et vivement demain, qu’elle puisse le gifler un bon coup, ça la détendrait, ça faisait deux ans qu’elle attendait ça.
Deux ans.
Vera leva brièvement les yeux au ciel. Elle avait du mal à l’assimiler. Deux ans déjà qu’elle connaissait Cole, deux ans qu’elle savait ne pas être seule.
Ce jour-là, elle avait été tellement heureuse…
Elle s’était senti tellement plus humaine, soudain… Elle n’était plus seule… Elle n’était plus anormale…
Ça, c’était juste le premier jour.
Le second jour, elle s’était disputé avec lui. Violemment. C’était la première fois qu’elle se disputait avec quelqu’un par le biais d’e-mails.
Le troisième jour, il lui avait répondu. Sans vraiment s’énerver, sans vraiment s’excuser non plus. Et, inexplicablement, cette réponse l’avait rassurée.
Calmée.
C’était la première fois que quelqu’un réussissait à la calmer. Vera se surprit à sourire.
Depuis cette époque, ils se disputaient à intervalles réguliers, surtout par sa faute, elle devait bien l’admettre. Et, chaque fois qu’ils se brouillaient, elle recevait un message de Cole, pas vraiment gentil mais pas vraiment agressif non plus.
Et tout recommençait.
Parfois, elle se demandait pourquoi Cole prenait la peine de maintenir le dialogue. Peut-être parce que, lui aussi, il se sentait mieux depuis qu’ils se connaissaient. Moins seul et moins monstrueux.
Vera soupira.
Le pire dans tout ça, c’est que, elle le savait pertinemment, elle aurait tout oublié d’ici demain, quand ils se verraient – ce serait leur première rencontre en deux ans de correspondance acharnée -, et elle n’aurait même pas la satisfaction de lui arracher les yeux.
Les yeux ou autre chose.
Vera secoua la tête, faisant voler sa longue chevelure brune, et reprit la direction de son appartement. Elle devait préparer ses affaires.
Demain, la journée serait longue…
*
**
Marie était sortie, plus pour ne pas inquiéter la mère de Marc qu’autre chose, parce que franchement, elle n’avait rien à faire dehors.
Elle s’en était rendu compte en se réveillant.
Grâce à son frère, elle avait pu négocier ce voyage à Paris en période scolaire, mais pas loin des vacances, seulement voilà : Marc, lui, allait au lycée, ce qui faisait qu’elle se retrouverait seule toute la journée pendant encore une bonne semaine.
Encore que, peut-être pas.
Tout dépendait de la tranche d’âge générale de leurs futurs visiteurs.
En parlant de visiteurs…
Marie jeta un œil à sa montre.
Bon. Ils devaient avoir fini les cours, maintenant. Il était temps de les rejoindre.
Et d’avoir enfin une ou deux précisions.
*je vais éviter de traduire ça, je crois ^^’’
_________________
And who knows : starting a new journey may not be so hard or maybe it has already begun.
There are so many worlds, but they share the same sky – one sky, one destiny.
--Kingdom Hearts.