Chapitre 3. Où d'autres pierres sont découvertes.(ça y est je recommence avec mes titres pourris ¬¬")
Tandis qu'Elmyth et Vurn' s'affrontaient par des regards furieux, ailleurs, deux personnes s'injuriaient... Les insultes se faisaient répétitives mais aucun d'eux ne se lassait, aucun d'eux ne voulait reconnaître un tort quelconque, aucun d'eux ne voulait céder à l'autre. Seuls les meubles du salon étaient témoins de leur dispute cette fois. Leur mère avait préféré prendre la fuite en prétextant des courses.
Arthur envoya le contenu d'un vase sur sa soeur jumelle, d'un pas sur le côté, Anna évita le projectile qui atterrit sur le canapé. D'une rotation de son corps, elle envoya son pied gauche percuter l'estomac de son frère. En venir aux mains devenaient de plus en plus fréquent. Les doigts du garçon se refermèrent sur la cheville.
Une pause, ils s'affrontèrent du regard.
Perles orageuses contre perles orageuses.
Aucun d'eux ne cilla.
Soudain, il leur sembla qu'une décharge traversait leurs corps et les sépara.
Silence... Pas un bruit... Ils se contemplaient... Une lueur de surprise passa dans leurs yeux.
-"Que se passe-t-il ?", firent-ils en choeur.
-"Je n'en ai aucune idée", répondirent-ils à l'unisson.
D'un soupir commun, ils se laissèrent tomber sur les coussins.
Anna porta les mains à sa poitrine, la prenant contre ses paumes.
-"Pervers !", hurla Arthur en donnant un coup à sa soeur.
-"Ouch, mais t'es folle !", cria celle-ci à son tour.
D'un point de vue extérieur, ils étaient fous tous les deux, mais il ne fallait pas se fier aux apparences.
Arthur porta ses doigts à la bouche, et se mordilla les ongles.
-"Abîme pas mes ongles ! Arrête immédiatement !", ordonna la jeune fille.
Pris sur le fait, le garçon stoppa tout mouvement, avant de déclarer, que la situation était trop bizarre.
-"Bravo, j'admire ta perspicacité", ironisa Anna. "Bien sûr que c'est bizarre, on a échangé nos corps, on ne sait pas comment... On peut pas dire que c'est normal..."
Un regard furieux la fusilla du regard. Même s'ils sentaient tous deux que ce n'était plus le moment de se disputer. S'ils voulaient que tout redevienne comme avant, ils devaient réintégrer leur corps respectif.
-"Et que fait-on ? On reste là sans agir ?", questionna Arthur... Enfin, Anna à travers le corps de son frère...
Un soupir s'échappa des poumons de la jeune fille...
-"Et que veux-tu qu'on fasse ? Tu as une idée de comment ça s'est produit ? C'est impossible..."
-"Improbable, tu veux dire, puisque c'est possible..."
-"Ne joue pas avec les mots, Anna... Trouve une solution !"
-"Ah, oui ? Pourquoi moi ? Je croyais que tu me faisais pas confiance ? Je vais pas chercher toute seule..."
Les yeux, actuellement gris, s'affrontèrent un moment, avant qu'ils ne détournent tous deux la tête dans un synchronisme parfait.
-"C'est pas comme ça qu'on va résoudre notre problème...", finit par dire Arthur pour briser le silence.
-"Je suppose que ça a eu lieu au moment où on a senti cette étrange décharge..."
-"Je pense aussi..."
Re-silence...
Pour deux personnes plutôt terre à terre, admettre que quelque chose était la raison de leur échange d'esprit était facile, ils en avaient la preuve... Arthur observa Anna...
-"Il faudrait que je passe chez le coiffeur..."
-"Anna ! Comment tu peux penser à ça ?"
-"Tout simplement, parce que je ne vois pas du tout ce qu'on pourrait faire... Aucun de nous n'est responsable de ce qui nous arrive, et je ne vois pas quoi ou qui aurait voulu cela..."
Oui, elle avait raison... Mais rester là, les bras croisés... Ce n'est pas comme s'ils avaient le choix...
C'est à ce moment précis que leur mère ouvrit doucement la porte d'entrée, s'apprêtant à perdre quelques décibels d'ouïe... Alors que seul le silence régnait dans la maison, elle arriva jusqu'au salon et eut la surprise de trouver ses enfants, assis, calmes et côte à côte... L'air incrédule qu'arbora l'adulte poussa les deux jeunes à trouver refuge dans leurs chambres...
Le corps d'Arthur contenant l'esprit d'Anna gagna la chambre du garçon, et inversement pour l'autre... Ils devaient sauver les apparences...
C'est ainsi que chacun d'eux s'affala sur le lit de l'autre, les yeux posés sur le plafond, et l'esprit obnubilé par l'expérience qu'ils vivaient. Soudain tous deux se levèrent, au même moment, et se mirent à fouiller les affaires de l'autre.
Le doute subsistait.
Et si l'un d'eux était responsable et le cachait à l'autre ?
Les armoires furent ouvertes, les tiroirs renversés, les draps tirés. A la recherche d'un indice, de quoi que ce soit qui pourrait les mettre sur la piste de ce qui arrivait.
Dans la chambre de la jeune fille, une main glissa sous la penderie sans que rien ne soit trouvé, puis l'oreiller finit au sol, ramenant un peu de poussière, le sac de classe fut vidé sur le matelas, la trousse aussi, la table de nuit fouillé, les tiroirs du bureau, le pot à crayons se retrouva vidé, rien de bien probant.
Faisant glisser la table de nuit, le regard du responsable de ce carnage s'accrocha à un éclat jaune camouflé sur la poussière. Se baissant, soufflant un coup, une pierre jaune fut libérée, les doigts se refermèrent dessus.
Le corps d'Anna glissa au sol, alors qu'un Arthur translucide restait accroupi.
Dans celle du garçon, la même scène se déroula, exactement dans cet ordre, au même rythme. Et le corps d'Arthur se retrouva allongé. Une Anna immatérielle se précipita vers la porte, et passa au travers.
-"Arthur, je suis sortie de..."
Elle s'arrêta immédiatement, en voyant son frère dans le même état qu'elle, leurs regards se croisèrent, et leurs esprits se volatisèrent, chacun d'eux rouvrant les yeux dans leur corps respectif.
Entre les doigts d'Arthur, une gemme jaune, et dans ceux d'Anna, un joyau bleu...
Aussitôt, une flopée d'insultes émergea dans le couloir, il y était vaguement question d'avoir mis le bordel dans la chambre de l'autre, d'être un(e) menteur(se), d'être coupable, hypocrite, tout cela avec un vocabulaire bien plus fleuri...
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-"Bae et Boe...", conclut Leela.
-"Oui, cela ne m'étonne pas trop, pour des jumeaux...", énonça Elmyth.
-"Ils ne seront pas dans le même camp.", fit calmement le chevalier.
-"Ne soyez pas aussi défaitiste !", répliqua le sage.
Vurn' leva les yeux au ciel, et soupira.
-"Ce ne sont que des gamins qui s'opposent en tout..."
-"Pour Ayachorn, ils vont..."
-"Ne rêvez pas Elmyth, ils ne sont pas assez matures pour faire passer un intérêt supérieur avant leur conflit..."
-"Il est trop tôt pour en juger.", intervint la princesse avant que ses deux conseillers ne reprennent leur conflit.
Elle devait admettre qu'ils n'avaient pas prévu une telle dissension entre deux de leurs potentiels sauveurs... Mais elle voulait y croire, plus que tout, c'était leur dernier espoir...
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Un saule pleureur, un petit étang, de l'herbe bien verte, une température idéal et un splendide soleil. Que demander de plus ? N'importe quoi... Puisque Fanny était dans un rêve, elle pouvait avoir ce qu'elle voulait.
Se réveiller, sans doute, pour ne pas être dans cet endroit merveilleux, qui lui rappelait des souvenirs de celui qui n'était plus.
Le décor changea. Un salon encombré, des cartons partout, ils venaient de déménager, et déjà la jeune fille était épuisée, alors qu'elle n'avait pas porté un seul carton... Mais l'idée de tout ranger la fatiguait. Un coup de sonnette, une porte qui s'ouvre, et elle tombe nez à nez avec un ravissant asiatique qui dit être le fils des voisins.
Et la Fanny actuelle assistait à cela, leur première rencontre...
Leur premier rendez-vous... Un cinéma, elle s'était laissée entraîner pour un film d'angoisse, il s'était moqué d'elle qui plantait ses ongles dans l'accoudoir, et elle avait rigolé aussi, mais seulement après, c'était toujours mieux que de les planter dans son bras, lui avait-elle répondu, et il avait acquiescé à ses mots, il tenait à ses bras.
Leur premier baiser... Sur le palier, un soir, après un autre film, une comédie dégoulinant de bons sentiments... Leurs visages s'étaient rapprochés, et il avait fait le dernier pas. Ses lèvres douces sur les siennes, encore sucrées par le pop-corn avalé. Ils s'étaient ensuite séparés rougissant, chacun regagnant son appartement.
Leur première fois... Chez lui, un après-midi de pluie... Ils avaient passé le stade des simples baisers depuis longtemps, et là l'osmose parfaite entre leurs deux corps, leurs deux âmes, le plaisir à l'unisson...
Et tous ces moments de bonheur, leurs repas en tête-à-tête, leurs discussions enflammées, passionnées, ou ponctuées de rires, les petits cadeaux, leurs petites joies, les mots doux susurrés dans les oreilles, les surnoms tendres... Cela défilait sous ses yeux comme un condensé de tout ce qu'ils avaient vécu.
Mais le coeur de Fanny se serrait, et les larmes coulaient, car rien ne serait plus ainsi. Elle revint à son départ, le petit coin tranquille et isolé du parc, où ils se retrouvaient régulièrement dès qu'il faisait assez beau pour y déjeuner ou passer une après-midi tranquille.
-"Fanny..."
Cette voix si connue, tant aimée, la fit se retourner. Il était là, face à elle et non face à une de ses représentations, et il lui souriait comme avant.
-"Ryo..."
Et elle fut incapable de prononcer autre chose. Elle savait que c'était un rêve, mais elle aurait voulu lui parler, lui raconter tout ce qui était arrivé depuis...
Il s'approcha d'elle, lui prit sa main et y glissa un petit objet.
-"Fanny, tu dois avancer, tu es promise à un grand destin, et... tu seras heureuse..."
-"Non, Ryo... Sans toi, ce n'est pas possible, je..."
Les larmes s'étaient remises à couler. Il les essuya d'un revers de la main, se pencha vers elle, et déposa ses lèvres sur les siennes.
-"Chhh... Je sais que ce n'est pas facile, mais tu les aideras, et tu vivras ta vie, je serai toujours avec toi... Pas physiquement mais tant que tu ne m'oublieras pas, je serai là."
-"Comment pourrais-je t'oublier ? Cela n'arrivera jamais...", balbutia la blonde.
-"Je le sais, mon ange, je le sais... Je t'aime... Sois heureuse..."
Et sur un dernier baiser, il disparut. Fanny se réveilla en sursaut, les pleurs dévalaient ses joues, et son poing serrait le dernier cadeau de Ryo...
Non, c'était encore plus impossible que d'oublier celui qu'elle aimait, elle n'avait pas pu ramener un objet de son rêve. Seul son inconscient était responsable de la main refermée.
Pourtant, elle sentait qu'il y avait quelque chose, mais elle avait peur que cet objet disparaisse si elle cherchait à le voir.
Lentement, doucement, la respiration haletante, elle décrispa ses doigts, un à un. Une faible lueur rouge brisait l'obscurité, elle émanait d'une pierre reposant au creux de sa paume.
Fanny se plongea dans son oreiller, essayant d'étouffer ses larmes.
*
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*
Les témoins extérieurs de cette triste scène restaient silencieux. Les pierres refaisaient leur apparition... Mais il manquait encore un élément essentiel.
Le destin se mettait en branle, et rien ne pourrait aller à son encontre.
Vurn' quitta la pièce, légèrement énervé, si ça n'avait tenu qu'à lui, il aurait depuis longtemps lancé une offensive contre Syphonayl, tout sorcier qu'il soit. Jamais, il n'accepterait que ses gamins mettent leur vie en danger, pour eux, pour des étrangers, pour un monde qui n'était pas le leur.
Passer ses nerfs sur l'un de ses hommes était une perspective réjouissante dans son état actuel, et il gagna la salle d'entraînement. Des soldats allaient souffrir.
Elmyth posa sa main sur l'épaule de la jeune fille, dans un geste rassurant, réconfortant. Ils ne pouvaient rien faire.
Que ces jeunes aient souffert, qu'ils aient des sentiments pour d'autres, des familles, des animosités... Ils ne pouvaient l'empêcher mais ils avaient besoin d'eux, quel qu'en soit le prix.
Le destin ne pouvait être arrêté.
Leela tremblait, voir la détresse sur le visage de Zhi, qui n'était pas plus âgée qu'elle, même plus jeune... Si elle avait eu assez de pouvoirs, elle aurait tout stoppé, elle aurait tout fait pour que cette jeune fille soit heureuse.
Le destin ne peut être inversé.
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Bae = Arthur
Boe = Anna
Zhi = Fanny
et ces termes seront explicités plus tard ^^