Allie => Le jour où tu sauras lequel tu préfères, tu me préviendras ? xD
Si la prophétie est vraie ? *arf*
Pourquoi tu poses des questions intéressantes, dis ? xD
Astrid => Postée avec un jour d'avance ! xD
(la suite xD)
A vrai dire, je ne sais pas du tout combien de temps cette histoire va durer xD
(et je ne sais pas ce qu'il s'y passe non plus mais ça c'est un autre problème... xD)
Merci >-<
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Chapitre 5 : Dispute« Les deux meilleurs amis du groupe étaient, disent sans aucun doute les légendes, la Barde et le Magicien. Leur entente était, parait-il, parfaite et cordiale. »
Histoire légendaire du royaume d’Olifzen – Golivan Suz, historienErwann ouvrit les yeux lentement. On était en pleine nuit, et deux personnes criaient, pas très loin… Tendant l’oreille, il reconnut la voix de Gwenael, puis celle d’Elen. L’adolescent en conclut qu’ils devaient s’expliquer sur un sujet qui ne le concernait pas, jeta un coup d’œil au reste du campement, croisa le regard amusé de Paco qui taillait un bout de bois au-dessus du feu, fixa un instant ses yeux sur Flammenn dont le souffle discret s’élevait régulièrement, puis se retourna dans sa couverture et se rendormit. Que les adultes se débrouillent avec leurs histoires, il n’avait que quinze ans…
Paco avait entendu les autres s’endormir peu à peu et Elen réveiller Gwenael puis l’entraîner plus loin, à une dizaine de mètres de la lueur du feu. Il avait fini par renoncer au sommeil : les deux autres étaient définitivement trop bruyants… Aussi s’était-il saisi d’une petite bûchette et de son couteau, histoire de se distraire en attendant que la barde et le magicien aient fini de s’insulter.
Il regarda Erwann sortir des limbes du sommeil puis s’y replonger avec amusement. Le voleur passa la main dans ses cheveux noirs et courts, qui, suivant le mouvement des doigts, restèrent dressés en l’air, ce qu’il ne pouvait bien sûr pas savoir mais dont il se moquait éperdument. Être hirsute n’avait absolument aucune importance, surtout si l’on prenait en compte qu’on était en plein milieu de la nuit.
« -Sale… » s’exclama Elen dont le timbre cristallin perçait la nuit avec davantage de facilité que celui, grave et peu sonore, de Gwenael. Paco eut un petit rire, rangea l’ange de bois et son couteau dans sa sacoche, puis s’allongea, la tête sur son paquetage. A voleur, voleur et demi : on n’est jamais trop prudent…
Gwenael retint un soupir : soupirer devant Elen semblait une très mauvaise idée, d’autant plus qu’elle était furieuse et en train de lui parler comme elle le ferait à… un ours ? Non, la jeune femme était sans aucun doute une fervente défenseuse des animaux, songea-t-il. Elle lui parlait donc comme elle parlerait à un imbécile doublé d’un rustre qui s’était présenté sous un faux nom et était parti sans demander son reste quand on commençait à parler mariage pour lui et sa sœur aînée, est-ce qu’il imaginait seulement à quel point celle-ci avait été blessée, hein, sale ensorceleur de mes deux ?
« -Non, je ne l’imagine pas, dit-il avec lassitude. Je suis absolument désolé de tout ce qui est arrivé, puis-je aller me coucher ? répéta-t-il pour la troisième ou quatrième fois. »
Elle le gifla. Surpris, il porta la main à son visage, imaginant sa pommette bleuissante, et se mit à écouter réellement Elen, pour la première fois depuis le début de l’entretien.
« -Tu ne t’en tireras pas comme ça, reprit-elle avec véhémence. Je parie que tu ne m’as même pas reconnue, tout à l’heure, hein ? Enfin, ma figure devait vaguement te dire quelque chose, mais tu n’as pas situé qui j’étais, je suppose. »
Elen fit une pause. Crier était fatigant, elle était essoufflée, à force. Gwenael eut un sourire contrit qui n’était presque pas feint et s’apprêta à prendre la parole, mais elle lui grilla la politesse :
« -Si je t’en veux autant, ajouta-t-elle avec un calme impérial, ce n’est même pas parce que tu as menti sur des choses extrêmement importantes, mais car tu es parti sans prévenir. Estel t’a attendu longtemps, et, Gregor, son fiancé, n’avait pas insisté auprès d’elle pour qu’elle sorte à nouveau, elle serait sans doute restée ainsi pour toujours, à courir après une chimère. Je trouve ton attitude impardonnable, Gwenael. »
Après cette sortie, elle s’arrêta à nouveau et fixa le sorcier de ses yeux pervenche. Lui-même, plongé dans une profonde réflexion, finit par en émerger pour déclarer que, vraiment, il était désolé, et que si cela pouvait faire du bien à Estel, il était prêt à s’excuser auprès d’elle, qu’il était heureux qu’elle ait trouvé quelqu’un de mieux que lui, etc... Elen soupira, décréta qu’il n’était qu’un crétin amputé du coeur, qu’il n’avait rien compris du tout et qu’elle lui souhaitait de tomber amoureux et de beaucoup souffrir, puis elle retourna au camp et s’endormit comme un enfant de très mauvaise humeur.
Gwenael resta là, soufflé. Elle avait tout à fait raison, se dit-il : effectivement, il n’avait rien, mais alors rien compris.
« -Un ange ? Ca ne te ressemble pas beaucoup, ça, non ? »
Paco sourit à Elen.
« -Je te l’offre, si tu veux, dit-il avec générosité.
-Merci beaucoup. Tiens, ton couteau, ajouta-t-elle en lui tendant l’objet qu’il lui avait demandé.
-Merci.
-Au fait, quand as-tu sculpté l’ange ?
-Cette nuit, pendant que tu enguirlandais joyeusement ce pauvre Gwenael. »
Elle regarda son ami, conclut qu’il trouvait somme toute l’histoire très drôle, et puis ses yeux tombèrent sur ledit Gwenael qui, enveloppé dans une couverture verte, dormait en leur tournant le dos. Flammenn et Erwann étaient partis se promener et voir si ils trouvaient quelque chose à se mettre sous la dent, Paco et elle étaient donc les seules personnes réveillées présentes dans le camp.
« -C’est un véritable imbécile.
-Ca n’explique pas pourquoi tu le détestes.
-Je ne le détestes pas, marmonna-t-elle en fronçant les sourcils. Je le...
-Hais ? proposa Paco avec un sourire.
-Non plus. Je dirais juste...
-Que tu l’exècres ?
-Pas vraiment... Disons que j’exècre ses façons de faire.
-Je vois, répondit le jeune homme en hochant la tête. Mais tu sais, nous allons faire route avec lui.
-Je sais bien, c’est pourquoi j’ai tenu à percer l’abcès tout de suite.
-Histoire que les choses soient bien claires.
-Oui. »
Gwenael, les yeux bien ouverts, songea qu’entre Flammenn et Elen qui ne le supportaient pas, Erwann qui lui gardait rancune de leur première rencontre et Paco qui avait tout l’air d’un état neutre, il n’avait aucune, mais vraiment aucune chance de s’en sortir.
« -J’ai faim. »
Flammenn tourna la tête vers Erwann. Le garçon, qui portait un arc donné par Gwenael sur le dos, avait dit ça d’un air totalement détaché. Il avait faim et le faisait remarquer, mais apparemment, il ne considérait pas ça comme une affaire d’état. Elle soupira. Pourquoi ressentait-il le besoin de lui dire qu’il avait faim, si il n’y accordait aucune importance ? Quel homme incompréhensible.
« -Tu soupires ?
-Comme tu vois.
-Pourquoi ? »
Elle envisagea un moment de lui répondre, et puis décida que c’était trop compliqué, et qu’elle aussi avait faim, alors autant chasser. Suivant son raisonnement comme si Erwann l’avait entendu, elle s’éloigna sans répondre au pauvre garçon qui eut un sourire surpris et la suivit, songeant qu’après tout, sa question n’avait pas grand intérêt, mais tout de même...
« -Là, chuchota-t-il soudain en attrapant Flammenn par le bras pour l’obliger à s’arrêter.
-Quoi ? dit-elle sur le même ton.
-Un lapin. Je lui tire dessus ? »
L’adolescente, ayant assisté à ce spectacle la veille, déglutit. Elle en était revenue le cœur au bord des lèvres et n’avait rien pu avaler.
« -Non, décréta-t-elle d’un ton péremptoire.
-Personne ne t’a obligée à venir.
-...
-Oui, bon, d’accord, je t’ai tiré du lit pour que tu m’accompagnes, mais si on tergiverse, le lapin va partir et...
-Erwann.
-Oui ?
-Ne le tue pas, s’il te plaît.
-Mais... »
Le regard noir de Flammenn l’empêcha de finir sa phrase, toutes les bonnes raisons mourrant sur ses lèvres.
« -Tu veux le faire peut-être ? finit-il par murmurer sans aucune méchanceté. »
Une fois de plus, elle lui tourna le dos sans répondre.
« -Si seulement il pouvait mourir sans douleur...
-Si seulement il pouvait mourir sans douleur, répéta-t-il. »
Un petit bruit dans les fourrés.
Le lapin était tombé, raide mort. Erwann commençait à maîtriser son pouvoir.
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Même si tu ne ressens plus rien, sache que les bouts de mes doigts ont l'odeur de ta peau depuis toi et moi et qu'il faut beaucoup plus que des sceaux de mots pour emporter tout ça, pour nettoyer tout ça...
{Cali}