Voici en tout premier un oneshot spoilers sur Fruits basket, écrit il y a déà quelques temps, que je viens de remanier un petit peu ^^
Juste une signatureAkito hésitait. La jeune femme était assise à un bureau de bois sombre, peut-être en acajou. L’endroit même où elle se trouvait était sombre, lui aussi. L’atmosphère oppressante de cette pièce à l’odeur de renfermé commençait à lui taper sur les nerfs, tout comme le manoir des Soma, ce manoir si ancien dans lequel elle vivait depuis sa naissance.
Dans lequel elle vivrait jusqu’à son trépas, sans aucun doute.
Elle regarda autour d’elle, détournant la tête et les idées des quelques feuilles posées sur la table et de ses sombres pensées.
La chambre n’avait pas été construite et aménagée avec l’intention de la rendre confortable, c’était plus que visible.
Elle avait été meublée dans un style européen, avec des meubles de bois obscurs et une bibliothèque remplie de dossiers poussiéreux.
Les shoji de papier étaient recouverts par de larges tentures vermillon. Le peu de lumière qui passait au travers donnait un air macabre à la pièce.
Par la seule fenêtre de l’endroit on apercevait la lune, mince croissant pâle sur le ciel d’un bleu profond.
Avec les papiers, il n’y avait rien d’autre sur la table qu’une lampe et deux stylos.
L’un rouge, l’autre noir.
Le rond lumineux projeté par la lampe sur le document était blafard.
Akito relut le court dossier.
Oui, elle hésitait.
La supplique du père de Kyo était légitime, et, somme toute, peu surprenante, pour ce qu’elle savait de l’homme.
Il réclamait l’enfermement immédiat de son fils, le chat, ce monstre.
Et pourtant elle doutait.
Sans savoir pourquoi, elle avait l’impression que si elle signait dans le coin vide en bas à droite, elle commettrait une erreur. Peut-être parce que la demande résonnait comme un ultimatum. Ou peut-être, tout simplement, parce que le fond d’honnêteté qui restait en elle lui soufflait qu’il serait injuste de s’emparer du jeune homme avant la fin du pari, même si il était plus que certain qu’il le perdrait, et, qu’au fond, il l’avait déjà perdu.
C’était stupide, elle le sentait bien ; mais elle qui jusqu’alors ne s’était jamais posé de question sur l’emprisonnement de Kyo pressentait une zone d’ombre...
Comme si elle n’avait pas marché dans la bonne direction jusqu’à cette nuit.
Au loin une pendule sonna. Trois heures.
La bulle éclata.
Elle prit tout d’un coup conscience de tous les bruits qui l’entouraient.
Le bruissement des arbres.
Les cris d’un chien.
Le vent qui souffle.
Les rires gras d’ivrognes passant sous sa fenêtre.
Prenant sa décision, elle se pencha sur l’objet qui provoquait tant de sentiments contraires en elle, puisque elle avait le choix.
Signer ou non.
La vie ou la mort.
La témérité ou la résignation.
Un témoin de la scène n’aurait pu savoir si, résolue, elle déchirerait le papier en deux ou signerait bien proprement à l’endroit voulu.
Un grattement sur le papier.
Juste une signature.
Le lendemain, la police déplora l’enlèvement d’un jeune homme roux.
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Même si tu ne ressens plus rien, sache que les bouts de mes doigts ont l'odeur de ta peau depuis toi et moi et qu'il faut beaucoup plus que des sceaux de mots pour emporter tout ça, pour nettoyer tout ça...
{Cali}