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 [X1999] L'Absent (terminé)

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Kestrel21
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Lun 3 Avr - 19:00

elle ne tardera pas!^^
K21
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Shaniah
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Lun 3 Avr - 23:54

Une seule critique, ça manque de Sakurazuka tout ça c'est bien la seule critique que je peux faire!
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Kestrel21
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Mar 4 Avr - 15:43

ça manque de Sakurazuka tout ça? mais ne t'inquiète pas trés chère, ce cher Seïshiro n'est pas bien loin et il ne devrait pas tarder à pointer le bout de son nez!
merci pour ton commentaire!
K21
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Kestrel21
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Lun 10 Avr - 17:20

Titre : L’absent- chapitre IV
Auteur : Kestrel21
Base : X/1999
Genre : Yaoï, à priori pas trop OOC, quelques spoilers mais rien de bien méchant et… je crois que c’est tout !
Résumé : Après son combat avec Fuma, Subaru a perdu la mémoire (j’ai toujours eu le don des résumés !).
Disclaimer : Aucun des persos de X ne m’appartiennent et c’est tant mieux comme ça tout le monde peut en profiter (quoi que je dirais pas non si on me proposait Subaru ou Seïshiro !) ! Ah, j’oubliais, les pensées des personnages sont entre guillemets !

C’est dingue comme le simple fait d’avoir des lecteurs donne envie d’écrire la suite ! Je remercie donc chaleureusement Naëlle pour son gentil message et Karura pour ses encouragements !


« … je suis absent pour le moment, veuillez me laisser un message après le bip, je vous rappellerais dés que possible. »

Bip.

- Subaru, vous êtes là, j’en suis sûre… répondez-moi.
Mais à l’autre bout du fil, il n’y avait toujours que le silence.
Elle soupira.
- Où êtes-vous, Subaru ? Répondez, je vous en conjure…
Mais il restait sourd à ses appels, il le restait toujours. Maintenant qu’elle y pensait, cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas entendu la voix de son petit-fils…
- Je sais que vous êtes ici, décrochez ce téléphone !
Elle se rendit compte avec une légère inquiétude que sa voix, reflétant comme toujours son attitude et son maintien inébranlable, avait à peine tremblé.
Mais à peine, c’était déjà trop.
Il était probablement sorti, elle allait laisser un message avec le lieu où il devait se rendre pour son travail ainsi que des instructions particulières.
Comme d’habitude.
- Il s’agit d’une affaire importante, je désire que vous vous rendiez au village de Shukugawa (1), je vais vous indiquez l’adresse…
Sans savoir pourquoi, elle se tut, incapable de prononcer un mot de plus.
- Allons, ne faites pas l’enfant ! s’exclama-t-elle soudain pour dissimuler son trouble. Répondez-moi, je sais que vous êtes ici !
Mais son injonction fut sans effet, tout comme les précédentes.
Se reprenant, elle baissa les yeux sur le morceau de papier qu’elle tenait en main, les coordonnées du client de son petit-fils.
Ces informations lui parurent soudain si futiles, tellement sans importance… elle sentit la colère l’envahir sans qu’elle put en déceler l’origine. Elle s’empêcha de justesse de déchirer la précieuse feuille sous l’effet de sa rage.
Pourquoi donc se sentait-elle si mal tout d’un coup, pourquoi cette conversation à sens unique la mettait-elle dans cet état ?!
Elle se détestait de s’abandonner ainsi à cette tristesse qui l’habitait pourtant depuis neuf longues années, de laisser ainsi ses émotions l’envahir même si personne ne pouvait la voir. Cette impuissance qu’elle ne s’imaginait pas posséder l’emplissait d’un mépris sans bornes pour sa propre personne.
Elle secoua la tête, refusant de penser à cela même si il s’agissait également là d’un signe de faiblesse inacceptable.
Elle regarda à nouveau son feuillet et d’une voix égale, calme, posée, normale, ne trahissant en aucun cas son état d’esprit, elle dicta l’adresse, donna les instructions et se tut à nouveau.
C’était étrange, même si elle n’avait plus rien à dire ici, elle ne pouvait se résoudre à reposer le combiné et à retourner vaquer à ses occupations. Elle gardait malgré tout l’espoir d’entendre au bout de la ligne le bruit sec du téléphone qu’on décroche et que ce silence oppressant soit remplacé par la voix du jeune homme…
Mais elle espérait en vain, comme d’habitude.
- Subaru, je vous en supplie… prenez soin de vous…
Le combiné retomba sur son socle avec violence.

% % % % %

Le feu passa enfin au vert, faisant stopper net la longue file de voitures qui encombrait le boulevard, dans un concert de crissements de pneus et de coups de klaxons.
Les mains dans les poches, Subaru se dépêcha de traverser le passage piéton.
Décidément, il avait mal choisi son heure, songea-t-il une fois encore alors qu’il se frayait un chemin tant bien que mal au milieu d’une foule de plus en plus dense de travailleurs qui sortaient par centaines des immenses buildings et se faisait aspirer par les bouches de métro. Le soleil commençait déjà à disparaître derrière les bâtiments dont il ne parvenait même pas à voir le sommet sans en avoir le vertige
Il soupira. Cet endroit lui était décidément bien familier… pour la bonne raison qu’il était déjà passé par là un quart d’heure plus tôt. Il préférait ne pas savoir depuis combien de temps il tournait en rond mais une chose était sûre, être perdu dans Tokyo à l’heure de pointe n’était pas forcément la meilleure des choses, d’autant qu’il n’avait prévenu personne de sa sortie improvisée.
Et tous étaient plutôt du genre à rapidement se faire du souci pour lui, et tout particulièrement Kamui.
Ce jeune homme lui paressait vraiment des plus intriguant lorsqu’il y réfléchissait.
Il était clair que c’était celui que son amnésie semblait avoir le plus chamboulé. Bien entendu, les autres aussi en paraissaient ébranlés mais le cas du garçon aux yeux améthystes était encore différent. Il semblait vraiment être animé de sentiments particuliers à son égard, chose qu’il ne relevait pas chez les autres. A chaque fois que Kamui le voyait, son visage exprimait beaucoup de joie mais cette gaieté apparente était ternie par une pointe de mélancolique tristesse qui, bien que quasi indécelable, serrait le cœur de l’amnésique. Il lui semblait que Kamui attendait quelque chose de lui, quelque chose qu’il n’était pas en mesure de lui donner. Ou bien n’était plus en mesure de lui donner.
Les questions sur l’étrange comportement de l’adolescent étaient celles qui lui revenaient le plus souvent. Généralement, il ne questionnait jamais les autres sur ses vingt-cinq ans de vie partis en fumée, c’était souvent indépendamment de sa volonté qu’il apprenait de nouvelles choses, comme cette ancienne habitude qu’il avait de fumer par exemple.
Voilà encore un mystère qu’il ne parvenait pas à s’expliquer, il n’éprouvait pourtant jamais aucune gêne ou malaise lié au manque de nicotine malgré son arrêt brutal dû à son séjour à l’hôpital. Mais ce séjour avait-il été si court ?
Comment pouvait-il le savoir alors qu’il ne se souvenait qu’à partir de son réveil ? Sa tentative de fuite qui semblait tant avoir choqué le personnel hospitalier ne s’était en aucun cas rappelée à sa mémoire, au point qu’il s’était demandé si ceux-ci n’affabulaient pas.
Il secoua la tête, sentant l’énervement le gagner. Ce n’était pas le moment de s’interroger sur cela, il devait trouver un moyen de regagner le Campus.
Il n’avait pas de plan, aucun sou en poche pour prendre le métro mais peut-être trouverait-il une âme charitable qui consentirait à lui indiquer un chemin, songea-t-il en regardant autour de lui les hommes et les femmes pressés qui couraient en tous sens.
- Excusez-moi !
L’homme interpellé, un sémillant trentenaire à fines lunettes et chapeau de feutre enfoncé sur le crâne, s’arrêta et regarda autour de lui, se demandant probablement si cet appel lui était destiné.
Décidant de lui-même que non, il reprit sa route sans plus tarder, laissant un Subaru interdit à quelques mètres de lui.
Ne se laissant pas abattre, l’exorciste avisa un homme à la carrure imposante passant prés de lui, il l’interpella aussitôt.
- Excusez-moi !
L’individu interrompit sa marche et baissa la tête vers l’amnésique, le fixant de ses petits yeux noirs.
- Pourriez vous m’indiquer un chemin pour le Campus Clamp, s’il vous plaît ?
L’homme le dévisagea un instant sans mot dire puis sourit, révélant une dent en or sur le côté droit.
Sans trop savoir pourquoi, Subaru sentit un curieux mal-être l’envahir mais il fit de son mieux pour n’en rien laisser paraître.
Comme l’autre ne pipait mot, le jeune médium s’apprêtait à réitérer sa question lorsque son vis-à-vis le coupa.
- Vous êtes perdu ?
Subaru avait envie de répondre que cela ne le concernait en rien mais répondit néanmoins, de peur de paraître impoli.
- Oui. C’est la première fois que je viens à Tokyo. Alors, pouvez vous m’indiquer… ?
Le sourire du personnage gagna encore quelques degrés.
- La première fois…, répéta-t-il d’un air pensif. Effectivement, cela arrive régulièrement quand on ne connaît pas l’endroit. Et puis Tokyo est une ville immense.
Il posa une main affable sur l’épaule de Subaru.
- Si vous le voulez, je peux vous y déposer, ma voiture n’est pas loin.
L’amnésique haussa un sourcil, étonné et légèrement méfiant devant tant d’altruisme.
- Je préférerais que vous m’expliquiez comment m’y rendre, si ça ne vous dérange pas.
- Vous êtes attendu ?
- Heu… oui.
- Dans ce cas, on ne vous y verra pas avant un moment, l’endroit que vous cherchez se trouve à l’autre bout de la ville. Pourquoi ne prenez vous pas le métro ?
- Je n’ais pas d’argent.
Subaru était perplexe devant les propos de l’homme. Avait-il donc parcouru tant de chemin en l’espace d’un après-midi, au point d’avoir traversé la capitale d’un bout à l’autre ? Il en doutait.
Mais peut-être se faisait-il de mauvaises idées quant aux intentions cachées derrière cette bienveillance, peut-être était-il tout simplement devenu paranoïaque ?
Le souvenir des autres s’affolant complètement lui revint soudainement en mémoire, il contempla encore un instant le personnage debout devant lui, dubitatif. Mais après tout, si il se tenait sur ses gardes, que pouvait-il bien lui arriver ?
- D’accord, finit-il par répondre.
L’homme sourit et, faisant tinter une paire de clefs sortie de la poche de son pantalon, le guida jusqu’à une voiture grise et reluisante.
Subaru prit place sur le siège passager, claqua sa porte et la voiture ne tarda pas à démarrer.
Peu après, l’homme prit la parole, faisant sursauter Subaru qui avait jusque-là concentré son attention sur le paysage urbain défilant derrière la vitre.
- Au fait, quel âge avait-vous ?
- Vingt-cinq ans. Pourquoi ?
- C’est étonnant. Je vous en aurais donné dix-huit.
Devait-il prendre cela pour un compliment ? Il s’apprêtait à poser la question mais le conducteur répliqua sans préambule.
- Les jeunes hommes de moins de vingt ans étaient toujours les plus beaux que j’ai transporté dans cette voiture… Cette explication vous convainc-t-elle ? demanda-t-il avec un étrange sourire.
Mal à l’aise, Subaru ne prononça aucun mot et sentit soudain la main de son voisin effleurer son genou puis remonter sur sa cuisse. Il la repoussa d’un geste mais elle revint immédiatement à sa place.
- Pourriez-vous me lâcher ? somma-t-il d’un ton sec.
- Donnez-moi une bonne raison.
Estomaqué, l’amnésique ne répondit pas et s’aperçut soudain que le véhicule ralentissait, la voiture finit par se garer devant une petite aire de jeu déserte.
Le conducteur enclencha le frein à main d’un geste brusque. Subaru n’avait aucune idée de l’endroit où ils se trouvaient mais une chose était sûre, il préférait cent fois continuer à pied, du moment qu’il quittait cette voiture.
Il tenta d’ouvrir la portière pour prendre la poudre d’escampette au plus vite mais l’homme ne l’entendait visiblement pas de cette oreille.
Refermant son poing sur le bras de Subaru au moment où celui-ci passait la porte, il lui fit prestement réintégrer le véhicule avant d’attirer le jeune homme à lui.
Paniqué, le médium se retrouva écrasé contre le torse massif du conducteur et tenta de se dégager, se débattant comme un beau diable bien que son agresseur fasse au moins le double de son poids.
D’un geste presque machinal, l’homme lui bloqua les bras et, saisissant ses deux poignets dans sa seule main droite, les leva au dessus de la tête de Subaru, plaquant rudement celui-ci contre le siège alors qu’il se débattait avec toute l’énergie que lui fournissait la panique.
Posant sur lui un regard que l’on pouvait aisément qualifier de libidineux, l’homme se pencha vers l’amnésique prisonnier et murmura :
- Tu sais sûrement que ce serait bien plus agréable pour toi si tu te laissais faire.
Devant le regard qui se voulait haineux de sa victime, il eut un petit sourire amusé.
- Mais ce n’est pas grave après tout… Je sais comment apprivoiser les méchants garçons comme toi…
Une onde de peur fit vibrer le corps de l’exorciste, il sentit soudain la bouche répugnante de son tortionnaire se poser sur son cou.
- Allons, je suis sûr que tu aimeras ça…, l’entendit-il murmurer.
La portière s’ouvrit soudainement, avec une telle force qu’elle en parut arrachée de ses gonds.
-Comment savoir…, grinça une voix inconnue.
Un poing s’abattit brutalement sur le visage de son agresseur, manquant le sien de peu
et le nouveau venu empoigna l’homme par son manteau et le tira hors de la voiture.
Les coups se mirent à pleuvoir alors que les cris de douleur se mêlaient aux insultes et hurlements de rage.
Mais cela s’acheva si vite que Subaru n’eut même pas le temps d’apercevoir l’altercation. Il resta enfoncé dans son siége, comme paralysé. Bientôt, il n’y eut plus aucun bruit jusqu’à ce que l’inconnu ne monte à la place du conducteur, ne claque la porte et ne fasse démarrer la voiture.
Subaru sentit soudain une peur panique l’envahir et il constata avec horreur que le véhicule avait déjà prit trop de vitesse pour qu’il puisse le quitter.
- Calme-toi, murmura soudain l’homme sans quitter la route des yeux. Je ne te ferais aucun mal.
- Mais pourquoi m’avez-vous sauvé ?! s'écria Subaru, sentant une étrange colère le gagner et prendre le pas sur sa peur.
Il y eut un silence.
- … Il m’a semblé que c’était la meilleure chose à faire… mais peut-être aurais-tu préféré que je te laisses aux mains de ce type après tout…, répondit le conducteur d’une voix si calme qu’elle en paraissait indifférente et désintéressée.
Malgré tout, son ton était doux, il inspirait confiance mais Subaru ne se départit pas de sa méfiance pour autant.
Profitant que son voisin était concentré sur la route, il détailla longuement ce singulier individu.
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Kestrel21
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Lun 10 Avr - 17:21

Les épaules aussi larges que le possesseur de la voiture qu’il conduisait, de nombreuses mèches noires lui tombant sur les yeux, eux-mêmes cachés par des lunettes de soleil, un grand manteau de tissu gris (2) lui descendait jusqu’en dessous des genoux. Il dirigeait le véhicule d’une main sûre et calme, respirait la force brut et imposait le respect.
Portant soudain la main jusqu’à son visage, l’inconnu retira ses lunettes et tourna la tête vers Subaru.
Celui-ci eut un choc en constatant qu’il avait perdu un œil. Le droit, qui était d’un blanc laiteux, contrastait avec le gauche, couleur miel, qui le fixait avec intensité.
Presque inconsciemment, le médium porta la main à son propre œil droit, toujours recouvert par un bandage. Etait-ce un simple hasard… ? La voix du conducteur s’éleva :
- Dis moi, que t’est-il arrivé ?
Sa voix, polie et sans tonalité, avait quelque chose de désagréable. Subaru répondit néanmoins.
- Je n’en sais rien, fit-il, présumant que l’inconnu lui demandait de l’éclaircir sur les circonstances de l’accident.
Etrangement, son interlocuteur sembla se satisfaire de cette absence totale de réponse, il se contenta d’un « Tiens… ? » impersonnel en guise de commentaire, comme si il se fichait totalement de sa probable réponse et l’avait questionné uniquement par courtoisie. Ce qui après tout était peut-être le cas.
Le regard asymétrique de l’homme passait régulièrement de la route à Subaru, fixant celui-ci par le biais du rétroviseur.
- Je crois que ton problème est que tu fais confiance aux gens trop facilement. Pourtant, tout le monde n’est pas comme toi, animé des meilleures intentions du monde…
Il avait prononcé cette phrase d’une voix basse et calme, presque sur le ton de la conversation, comme si tout cela était parfaitement naturel.
Subaru, lui, en resta coi. Il aurait pu être totalement interloqué par le culot dont l’homme ne manquait apparemment pas mais que l’inconnu sache tout cela de lui était, à son sens, beaucoup plus surprenant.
- …Comment savez-vous cela ? balbutia-t-il.
L’interpellé eut un sourire sans joie et continua de le regarder au travers du rétroviseur, occultant délibérément sa question.
L’amnésique ne put rien en tirer de plus. Il lui semblait d’ailleurs que l’aura de l’inconnu avait changé, trop subtilement pour qu’il puisse comprendre en quoi, mais le malaise qu’il éprouvait en sa présence s’était soudain mué en angoisse.
Il s’aperçut soudain que la voiture avait stoppé. Surpris, il regarda au dehors et reconnut le large portail du Campus Clamp.
Médusé, il fixa un instant le conducteur qui, les yeux fermés en une expression détendue, allumait négligemment une cigarette sortie de la poche de son manteau.
Le médium se résigna à ne demander aucun détail quant à sa connaissance de sa destination, devinant que l’individu n’y répondrait pas.
Il le remercia donc et, ouvrant la portière, il s’apprêtait à sortir lorsqu’une main le retint, agrippant son poignet.
Il eut un sursaut, rêvait-il ou bien l’histoire se répétait ? Si cet homme avait réellement les mêmes intentions que l’autre, lui n’aurait cette fois aucune chance de s’en sortir.
Mais il n’en fut rien. Au contraire, lorsqu’il se retourna, l’individu souriait, légèrement moqueur.
- La prochaine fois que tu te promènes seul à Tokyo, évite de faire confiance à n’importe qui ainsi, je ne serais pas toujours là pour te sauver la mise. Alors fais attention, c’est une ville dangereuse….
Subaru, un peu désorienté, acquiesça, et quitta la voiture.
Celle-ci ne tarda pas à démarrer et l’inconnu regarda l’exorciste pénétrer dans l’enceinte du Campus jusqu’à ce que celui-ci fut hors de vue.
- Surtout en ce moment…, murmura-t-il pour lui même en exhalant la fumée de sa cigarette.

Assis au sommet d’un immeuble, les jambes pendant dans le vide et une glace au caramel recouverte d’éclats de chocolat (3) encore intacte à la main, Fuma regarda la voiture grise s’éloigner en direction du centre-ville et finalement disparaître au détour d’un boulevard.
Il eut un petit sourire de tendre tristesse.
- Qui eut pensé que tu étais si maladroit pour tout ce qui ne concernait pas la mort, Seïshiro…

% % % % %

Kamui monta rapidement les marches et poussa la lourde porte de l’entrée principale du Manoir. Il n’eut pas le temps de laisser tomber son sac que Karen s’était précipitée sur lui.
- Kamui ! s’exclama-t-elle avec une légère panique dans la voix. Tu n’aurais pas vu Subaru ?!
- Pourquoi ? demanda l’adolescent. Il n’est pas ici ?
- Non. Lorsque je suis arrivé, il avait déjà disparu. Tu l’as vu aujourd’hui ?
- … oui. Il est venu m’aider pour mes devoirs et après il est parti. Je pensais qu’il était revenu ici…
Karen se posa sa main sur sa bouche, considérant ce que venait de lui dire son jeune leader.
- J’espère au moins qu’il n’a pas quitté le Campus… qui sait ce qui pourrait lui arriver seul dans Tokyo…
Kamui ne répondit rien et, laissant tomber son cartable, il fit demi-tour et ouvrit la porte.
- Où vas-tu ? s’exclama la jeune femme rousse en le voyant sortir sur le perron.
- Je vais le chercher.
- Mais… comment veux-tu…
- Depuis combien de temps est-il parti ?
- Je suis arrivé ici en début d’après-midi, il avait déjà disparu.
Le lycéen hocha la tête et sortit.

- Shiro !!
Kamui se retourna et aperçut Keïchi accourir vers lui.
Pendant un instant, il eut envie de l’envoyer balader, il n’était vraiment pas d’humeur à entendre le blond lui parlait de la pluie et du beau temps. Il était beaucoup plus important de rechercher Subaru.
- Que fais-tu ici ? Je croyais que tu étais rentré chez toi ?
- Je l’étais, répondit Kamui en essayant de ne pas laisser l’énervement le gagner. Mais Subaru a disparu, je suis à sa recherche.
- Sumeragi-san ? Je l’ais vu tout à l’heure en allant en classe, il sortait du Campus.
Le leader céleste eut un sursaut et fixa son ami avec des yeux ronds, hésitant de la marche à suivre. Devait-il l’embrasser pour lui avoir révéler qu’il ne se trouvait plus au Campus ou lui envoyer une gifle pour ne l’avoir laissé sortir ?
Il dépassa soudain Keïchi et se précipita vers la sortie.
- Shiro, où vas-tu ?! s’exclama le blond en le voyant s’éloigner.
- Merci Keïchi ! A demain, en cours !

Assise dans un des fauteuils du salon du Manoir, Karen rongeait son frein. Ne pouvant plus demeurer ainsi, elle se leva et se dirigea vers la fenêtre. Elle tapota légèrement la vitre d’un doigt nerveux puis se retourna et resta debout un moment sans savoir quoi faire car il était certain qu’elle ne pouvait pas retourner s’asseoir.
Elle ne préférait pas penser à ce qui pouvait arriver à Subaru si il était effectivement sorti seul dans Tokyo. Et dire qu’elle avait été assez idiote pour laisser Kamui partir à sa recherche.
Elle frissonna. Même si les 7 Anges n’avaient pas donné signe de vie depuis la destruction du kekkaï d’Ikebukuro, ils rôdaient assurément toujours dans les environs. Et pourraient sans aucun problème profiter de la présente vulnérabilité du médium.
Mais une question lui revenait fréquemment en tête, se pouvait-il que leurs ennemis aient déjà eu vent de leur mésaventure ? Elle n’en savait trop rien, ceux-ci étaient pleins de ressources mais si c’était le cas, il était probable qu’ils le laisserait passer son chemin sans encombre, elle devait le reconnaître, les Dragons de la Terre possédaient trop de sens de l’honneur pour s’attaquer à Subaru alors que celui-ci était vulnérable.
Cela la rassura quelque peu mais si ce n’était pas le cas, l’exorciste était perdu, sans aucune chance de secours car, incapable de créer un kekkaï, ses amis ne pouvaient le localiser et, en admettant qu’ils parviennent sur les lieux du combat, il serait certainement déjà trop tard…

D’un geste nerveux, elle consulta sa montre. Et eut un faible sourire en se souvenant que Seïichiro ne devait pas tarder à arriver. Le journaliste, pourtant peu enclin à faire des heures supplémentaires, ne sortait jamais très tôt de son lieu de travail et, de ce fait, ne se montrait que rarement au Campus. Mais aujourd’hui, il leur avait promis de passer, peu de temps bien entendu, afin de rendre compte de la situation. Puis il repartirait s’occuper de sa famille.

Elle soupira. Quelque part, elle enviait le maître du vent, d’avoir une vie si stable malgré sa condition de Dragon du Ciel. Il arrivait parfois à la jeune femme de se demander comment aurait été sa vie si elle avait eu une vraie famille, comme son coéquipier.
Peut-être aurait-elle eu quelqu’un pour se soucier de son sort au moins…
Elle secoua la tête, refusant de se laisser aller à de sombres pensées comme cela lui arrivait souvent avant de rencontrer les autres Sceaux.
La porte s’ouvrit soudain et les voix de Sorata, Arashi ainsi que Yuzuriha lui parvinrent dans le hall. Elle se leva brusquement et les rejoignit.
- Bonjour Karen ! la salua le moine. Kamui n’est pas encore là ? Il m’avait pourtant dis qu’il finissait tôt aujourd’hui. Et Subaru ?
- Subaru a disparu. Kamui est parti à sa recherche.
Sorata resta un instant interdit.
- Quel idiot ! s'écria le moine. Si encore ils n’avaient pas quitté le Campus !
- Si c’était le cas, ils seraient déjà là depuis longtemps, constata Arashi avec fatalité. Que faisons-nous ?
- C’est pas bon tout ça ! s’exclama Sorata. A par attendre, nous ne pouvons rien faire si ce n’est attendre ! Si d’aventure Kamui se faisait attaquer, nous n’aurions aucun mal à le localiser mais quant à Subaru…
- Peut-être Kamui aura-t-il eu de la chance, qui sait…, murmura la collégienne.
- Mais avec des « Qui sait », on peut aller très loin, c’est là le problème ! répliqua la maîtresse du feu.
C’est à ce moment précis que la porte s’ouvrit en grinçant.
- Kamui ?! s’écria le jeune moine en se retournant.
Mais ce ne fût pas lui qui répondit.

% % % % %

Kamui bondissait d'immeuble en immeuble, ressassant de sombres pensées. Subaru était introuvable, il avait ratissé la ville à la recherche de l’amnésique mais il n’y avait aucune trace de son ami.
Le jeune garçon accéléra l’allure, espérant que le vent qui lui fouettait le visage emmène avec lui ses idées noires. Il ne voulait pas penser à ce que Subaru risquait seul à Tokyo, surtout maintenant que le soleil avait totalement disparu derrière les buildings.
Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
Tout au long de cet après-midi de recherches infructueuses, il avait sans cesse craint de tourner au coin d’une rue et d’apercevoir une ambulance, toutes sirènes hurlantes, amenant le corps inerte de l’exorciste.
Rien de tel ne s’était produit mais l’angoisse lui serrait le ventre, comme un étau de métal.
Si par malheur, Subaru avait croisé le chemin d’un Dragon de la Terre…

Le Campus était en vue. Kamui arrêta sa course au sommet d’un édifice, ce qui lui permit d’admirer un instant ce morceau de la baie de Tokyo, et l’espace en forme d’étoile à cinq branches que formait le quartier général des Sceaux.
Que n’aurait-il pas donné pour retrouver Subaru, là-bas…

% % % % %

Subaru entendit la porte s’ouvrir et vit Kamui s’avancer vers lui. Il se leva et ouvrit la bouche et sentit deux bras enserrer sa taille et un corps se presser contre le sien.
Kamui s’écarta brusquement, le rouge aux joues alors que les autres pénétraient dans la pièce.
Faisant mine de ne pas s’apercevoir de la teinte plus qu’écarlate du visage de son jeune leader, Yuzuriha prit la parole :
- Subaru est revenu il y a à peu prés 2 minutes. Avec de la chance, vous vous seriez croisés à l’entrée du Campus…
Elle souriait, pour tenter d’adoucir l’atmosphère mais celle-ci était trop lourde pour souffrir une quelconque plaisanterie. Elle ne saurait dire quel était le sentiment qui dominait dans le groupe. Elle sentait de la gêne émaner de Subaru bien que son visage demeurât sans expression.
Kamui, au contraire, baissait les yeux et ne s’était toujours pas départi de sa rougeur, qui ne devait d’ailleurs pas être dû qu’aux regards qu’il sentait braqués sur lui.
Ce fut Subaru qui brisa le silence qui semblait lui peser d’autant plus qu’il en était en partie la cause.
- Je ne pensais pas qu’il était aussi interdit de quitter le Campus, personne ne m’avait rien dit à ce sujet et… Je sais que je n’aurais pas dû mais ne dites rien à Kamui, il n’est en aucun cas responsable!
L’adolescent leva un regard étonné autant que courroucé sur Subaru mais celui-ci lui enjoignit discrètement de se taire.
Etonnement, Sorata sembla se détendre soudain, ses épaules s’affaissèrent et il eut un petit soupir.
- Non, c’est vrai, concéda-t-il tout en sachant pertinemment que si Subaru avait songé à en parler, jamais aucun d’eux n’auraient accepté.
Il s’approcha et contempla Subaru de pied en cap avant de sourire.
- Bon, au moins, il ne vous est rien arrivé de fâcheux, c’est déjà ça !
Ce fût à ce moment là que la porte s’ouvrit sur Seïishiro et que les deux jeunes hommes se trouvèrent être un peu moins le centre des toutes les attentions.
Subaru, quant à lui, était perplexe, à les entendre il avait dit qu’ils avaient eu peur qu’il n’ait rencontrer le chemin de quelques monstres. Mais ses compagnons ne s’en inquiétaient que pour lui, tous avaient le droit d’aller et venir comme bon leur semblait.
Il se promit de les interroger sur cet étrange état de fait et de remercier Kamui de s’inquiéter autant pour lui…
En attendant, il était décidé à ne révéler aucun des détails de sa virée. Il ne s’était jamais perdu, n’avait jamais croisé le chemin d’un violeur et ne s’était jamais fait sauver par un homme étrange qui semblait connaître beaucoup de choses de lui… même si cela l’intriguait au plus au point.
Kamui, de son côté, observait l’exorciste du coin de l’œil. Même si il n’avait pas vraiment eu l’occasion de parler avec Subaru depuis leur retour au Manoir, il avait l’impression que quelque chose n’allait pas. Peut-être s’était-il passé quelque chose qu’il avait volontairement tu. Il croisa le regard de Sorata et ne put que constater qu’il n’était pas le seul à le penser.

Qu’avait-il bien pu se passer qu’il ne voulait révéler ?

A suivre…
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Shaniah
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Lun 10 Avr - 23:33

Bon alors x_____________x j'hallucine tellement c'est bien voilà! Deja Subaru complétement paumé qui se fait attrapper par un pervers, c'est vraiment super glauque, et puis Seishirô qui est visiblement complétement destabilisé ça c'est vraiment génial Smile j'aime Fûma qui contemple tout d'en haut! J'ai vraiment grave halluciné:

"-Comment savoir…, grinça une voix inconnue."

XD XD XD !!!

Par contre fait attention, vers la fin de ton second post tu utilise Seishirô et non pas Seischiro et j'ai été perturbée lol
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Mogyoda
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Mar 11 Avr - 9:18

pauvre Sub', l'amnésie lui réussit pas, heureusement que Sei veille au grain
j'adore le commentaire de Fûma sur la manière de Sei de s'y prendre XDD
enfin je suppose que les Sumeragi vont pas rester sans réagir si Subaru ne fait pas son exorcisme, ce qu'il est incapable de faire en l'état actuel...

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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Mer 12 Avr - 12:19

merci merci merci!!^^
la suite ne devrait pas tarder!
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Onyx
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Ven 14 Avr - 9:20

Je reviens sur le fo après une semaine de vacances et je retrouve un magnifique chapitre à mon retour ! Je suis gatée !^^ Merchi bcp!
(K21: Ben c'était pas spécialement pour toi tu sais... -_-'
Onyx: C'est pas grave, merci quand même! *cruche*)
ah là là, tu persécute mon subaru c'est pas gentil ça! Quand même, dès sa première sortie en ville tomber sur un pervers et se faire sauver par un assassin... faut le faire!
et Fûma qui mange sa glace sur le toit d'un immeuble... mdr
Bon, trop mimi^^ Mais finalement j'hésite : tu nous fait un Seï/Sub ou un Kamui/Subaru ?
PS: Les renvois (1) et (2) que tu a mis dans le texte, ils correspondent à quoi ?!
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Ven 14 Avr - 15:43

merci ma petite Onyx (à qui, en tant que membre du forum, ce chapitre était tout autant dédié!)
et oui, Subaru va en voir des vertes et des pas mûres mais aprés tout, ça change pas vraiment du manga... mais j'ai une tendance à être assez sadique avec les persos que j'aime, c'est vrai^^
pour ce qui est du couple... AH AH AH! mystère et boule de gomme mais tu le devineras bientôt je pense!
pour les renvois en bas de page... ils correspondent... ben, à rien, j'ai dû les enlever parce que ça rentrait pas dans le format texte... mais je crois pas qu'ils soient indispensables de toutes façons!
encore merci et rendez-vous au prochain chapitre!
K21
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Shaniah
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Ven 14 Avr - 17:57

Si c'est Kamui/Subaru, Sei va nous faire une attaque cardiaque XD

14 viens que je te console, Sakurazukachéri Very Happy
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Dim 16 Avr - 10:34

ça, il serait pas trés content... mais je n'en dis pas plus!^^
K21
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Jeu 20 Avr - 18:06

Titre : L’absent- chapitre V
Auteur : Kestrel21
Base : X/1999
Genre : Yaoï, à priori pas trop OOC, quelques spoilers mais rien de bien méchant et… je crois que c’est tout !
Résumé : Après son combat avec Fuma, Subaru a perdu la mémoire (j’ai toujours eu le don des résumés !).
Disclaimer : Aucun des persos de X ne m’appartiennent et c’est tant mieux comme ça tout le monde peut en profiter (quoi que je dirais pas non si on me proposait Subaru ou Seïshiro !) ! Ah, j’oubliais, les pensées des personnages sont entre guillemets !


Il ne s’était même pas rendu compte qu’il s’était endormi, tant il avait sombré rapidement après s’être affalé sur son lit.
Il ne s’était même pas déshabillé avant de s’effondrer sur le matelas et de se rouler en boule entre les draps.
La seule chose dont il se souvenait était qu’il s’était lui-même surpris à penser à Kamui en gravissant les escaliers.
Le lycéen était décidément un garçon adorable et semblait vraiment l’aimer. Une fois de plus, il s’était interrogé sur les sentiments qu’ils avaient dû partager pour que l’adolescent soit attaché à lui de la sorte car il l’avait longuement observé durant le dîner et après, lorsque Kamui était venu lui parler dans sa chambre.
Malgré le fait que le garçon soit aussi gentil et sympathique envers lui et les autres, il était, du moins lui semblait-il, beaucoup plus distant que lorsqu’il se retrouvait seul avec lui.
Il paressait alors beaucoup plus prompt à sourire et à laisser s’exprimer ses sentiments.
Il devait se sentir en sécurité avec lui, et semblait avoir très envie de se confier, sans oser le faire pour autant.
Réaction que Subaru comprenait parfaitement maintenant qu’il y réfléchissait : il ignorait tout des relations qu’ils avaient partagés avant son accident, il était apparu comme un inconnu aux yeux de l’adolescent, ce qui expliquait son apparente réticence.
Pourtant, il aurait aimé comprendre ce qui tourmentait le jeune lycéen. Il n’était pas dupe, Kamui n’était pas un garçon comme les autres. Ses yeux lavande reflétaient la tristesse et le désarroi de ceux qui ont vu l’horreur du monde de prés. De trop prés même. Une expression qu’on ne devrait jamais voir chez un garçon de 16 ans à peine.
Il semblait toujours en proie à une détresse immense qui donnait l’impression qu’il souriait et riait uniquement pour faire bonne figure devant les autres, quelque chose qu’il ne parvenait pas à cacher (en tout cas entièrement) même lorsqu’il était heureux et qui paressait peser atrocement sur ses épaules.
Subaru aurait voulu connaître le pourquoi d’un tel désespoir, il se mettait à espérer qu’un jour, Kamui lui fasse suffisamment confiance pour lui révéler les tourments qui le rongeaient. La parole avait un pouvoir si libérateur…
- A quoi penses-tu ?
Il sursauta et se retourna vivement.
C’était elle, la jeune femme qui marchait dans ses rêves. Et tout autour de lui, il s’aperçut que l’obscurité avait laissé la place au paysage idyllique qu’il connaissait bien, à la différence cette fois-ci que le soleil était haut dans le ciel vide de tout nuage, d’un bleu si beau qu’il semblait peint à l’aquarelle.
Il se retourna. L’arbre était toujours là, surplombant le pré dont les brins d’herbe ondulaient toujours sous une légère brise et étincelaient sous le soleil comme autant d’un océan de bijoux.
Deux bras enserrèrent soudain son cou et il sentit le contact humide des lèvres de sa compagne sur sa joue.
- Je suis si contente de te voir ! s’exclama-t-elle lorsqu’elle le lâcha. Si tu savais comme tu m’as manqué ! Et ton rêve est toujours aussi beau ! Quel endroit de choix pour un rendez-vous !
Elle sautillait sur place, esquissait de petits pas chassés, apparemment des plus joyeuses.
Subaru la regardait, souriant. Elle portait toujours ses mêmes amples habits blancs, ses cheveux ébènes à peine plus longs que les siens étaient en désordre, ses yeux si semblables aux siens riaient autant que sa bouche.
Elle avait la même taille que lui, les mêmes petites fossettes au creux des joues, ce même petit grain de beauté là, sur la nuque, dissimulé par quelques cheveux fous…
Il avait l’impression de se regarder dans un miroir magique qui lui montrerait sa version féminine.
- Tu m’as l’air bien pensif, Subaru, murmura la jeune femme.
Il sursauta. Elle s’approcha et se posa un doigt sur les lèvres.
- Tu te souviens de la question que tu m’avais posé la nuit dernière ? Je veux bien te révéler la réponse…
Elle s’approcha encore et murmura, au creux de son oreille :
- Hokuto.
Puis s’éloignant, elle lança, enjouée :
- C’est beaucoup plus agréable de dialoguer avec une personne lorsqu’on peut la nommer, n’est-ce pas ?
Subaru, d’abord surpris, se sentit soudain joyeux. Oui, c’était effectivement beaucoup mieux.
Hokuto s’assit en tailleur dans l’herbe et levant les yeux vers lui, elle rajouta malicieusement :
- Quant à mon nom de famille, c’est un secret-défense ! De toute façon, tu l’apprendras bien assez tôt…
Subaru avait envie de demander pourquoi.
- Mais…, commença-t-il finalement. Existes-tu véritablement ?
Hokuto parut étonnée et Subaru se tut.
- Evidement ! s’exclama la jeune femme. On aurait dit que tu en doutais !
- C’est juste que… je ne t’ais jamais vu au Campus ou ailleurs…, balbutia le rêveur, un peu gêné.
Hokuto sourit largement.
- Non, tu as raison de te demander cela ! Comment pourrais tu croire à l’existence d’une fille que tu connais à peine simplement en l’ayant vu dans tes rêves ! Mais je peux néanmoins t’affirmer que j’ai réellement vécue !
- Je me demandais simplement pourquoi je ne t’avais jamais vu, que jamais personne ne m’ait parlé de toi.
Hokuto soupira tristement et détourna les yeux.
- C’est normal, murmura-t-elle. Je suis morte.

% % % % %

La stridente sonnerie annonçant que le dernier cours de la journée touchait à sa fin retentit, lui vrillant les oreilles d’une façon presque agréable.
Prestement, il referma son livre et son classeur de mathématique, les fourra sans douceur dans sa sacoche, se leva et gagna la sortie, la perspective d’une soirée de travail gâchant en partie la joie d’en avoir fini avec une longue journée de classe.
Il songea alors à Subaru, qui acceptait si gentiment de l’aider chaque soir ou presque. Les compensations font oublier les petites souffrances, comme disait le proverbe.
Cette pensée l’aida à se sentir un peu plus léger et il dévala les escaliers en compagnie d’une foule dense d’élèves heureux tout comme lui d’en avoir terminé et quitta d’un bon pas le bâtiment des sciences, appréciant le contact de l’air frais sur sa peau réchauffé par le chauffage de la salle.
Il sonda rapidement les alentours, à la recherche hypothétique de Sorata ou Arashi. Le moine d’Osaka était aisément reconnaissable à sa haute taille, au contraire du leader céleste que la plupart des élèves de seconde dépassaient d’une tête.
Ce fut alors qu’il avisa un jeune homme plus grand que les autres qu’il voyait également inspecter l’endroit bondé à la recherche visible de quelqu’un.
Il plissa les yeux et se figea. Peut-être avait-il mal vu… mais non, c’était bien Subaru.
Il eut un sourire, agita le bras aussi haut qu’il le put avant de se frayer un chemin au travers de la foule pour le rejoindre.
Le médium, le voyant accourir vers lui, sourit.
- Bonjour Subaru ! commença Kamui, un peu essoufflé. Je ne pensais pas que tu irais venir me chercher…
L’instant suivant, il se morigéna. Peut-être n’étais-ce pas lui que l’amnésique était venu retrouver, il était probablement prétentieux de penser cela.
Mais Subaru lui adressa un doux sourire.
- Je me suis dit que comme je n’avais pas pu te voir ce midi, je viendrais te chercher. Et puis… il faut que je te dises quelque chose.
Le lycéen, surpris, le dévisagea longuement, sans se rendre compte que le rythme de son palpitant s’était légèrement accéléré.
Subaru était venu pour lui parler, à lui, tout seul. Le souvenir de sa mauvaise après-midi fut aussitôt effacé alors qu’il s’exclamait, sans même chercher à cacher sa joie :
- D’accord ! Où veux-tu aller ?
- Heu… au petit kiosque, tu veux bien ? demanda Subaru, qui malgré son hésitation, semblait avoir déjà réfléchi à cela.
Quelques minutes plus tard, ils s’asseyaient l’un en face de l’autre autour de la petite table en bois.
- De quoi voulais-tu me parler ? demanda Kamui après un petit instant de silence, entrant tout de suite dans le vif du sujet.
Subaru, qui semblait jusque là avoir trouver un formidable intérêt pour les rainures du bois, leva les yeux pour fixer son vis-à-vis.
Il ne répondit pas tout de suite, ne sachant trop par où commencer. Il voyait Kamui le regarder avec attention mais Subaru ne distingua aucune forme d’impatience dans son attitude.
Il paressait décidé à lui consacrer autant de temps qu’il le désirait.
- J’avais envie de te parler…, commença-t-il avant de s’arrêter un instant, réfléchissant à ce qu’il voulait effectivement dire à Kamui. Car après tout, c’était peut-être stupide de souhaiter discuter de cela mais il avait très envie de savoir. Et puis l’adolescent semblait le connaître si bien…
- Je fais souvent des rêves étranges, en ce moment, fit-il, reprenant sa phrase là où il l’avait laissé. Et j’y vois toujours une jeune femme, toujours la même. Elle me parle, elle laisse des énigmes derrière elle.
Kamui écoutait avec attention, encourageant par son silence Subaru à continuer.
- La nuit dernière, elle m’a révélé son nom et… qu’elle était morte.
Il butta légèrement sur le dernier mot mais se reprit.
- Dés que je l’ais vu, j’ai su qu’elle me connaissait avant. Et il m’a semblé presque impensable de ne pas la reconnaître, et ça m’attriste…
Son regard jade avait rencontré celui du jeune leader céleste et celui-ci y lut une silencieuse supplication.
- J’aimerais savoir de qui il s’agit, et j’ai pensé que tu pourrais me renseigner…
Kamui ne répondit pas immédiatement mais il savait, il connaissait l’identité de cette personne, bien que lui-même ne l’ait jamais rencontré.
Il se souvenait comme si c’était hier de cette rencontre unilatérale, celle qui s’était déroulée au fond de son cœur torturé, alors que Subaru était venu le sauver de la folie. C’était à cette occasion qu’il avait put connaître un peu le passé de cet homme qu’il n’avait pourtant encore jamais vu. Et en se réveillant et découvrant le visage épuisé de Subaru penché sur lui, il avait eu l’agréable impression d’avoir enfin retrouvé une personne chère disparue depuis des années.
Il eut un imperceptible soupir, tout cela lui semblait si loin à présent.
Il allait lui répondre lorsqu’une impulsion soudaine l’en empêcha.
- D’accord, fit-il. Mais… pourquoi m’avoir demandé à moi ?
Subaru parut surpris mais répondit néanmoins.
- Je ne sais pas trop, avoua-t-il. Ça m’a parut logique de t’en parler à toi, je n’y ais pas vraiment réfléchi à vrai dire. Comparé aux autres, tu es celui qui semble me connaître le mieux. De fond en comble même, ajouta-t-il. Je doute d’avoir été ami avec toi comme j’ai pu l’être avec Sorata ou Yuzuriha.
Se taisant, il constata avec stupéfaction que Kamui rougissait.
- Que t’arrives-t-il ?
Kamui releva brusquement la tête et tenta autant qu’il le put d’éviter de le regarder.
- Rien, ne t’inquiète pas…, murmura le jeune homme avec embarras.
Subaru jugea bon de ne pas insister.
Il y eut un court silence puis Kamui se redressa et demanda d’une petite voix :
- Pourrais-tu me dire son nom ?
- Hokuto, le renseigna Subaru d’une voix neutre.
- Hokuto…, répéta le lycéen d’un air pensif bien qu’en réalité, tout soit très clair dans sa tête. Seulement, quelque chose l’empêchait d’en faire part au médium.
En effet, comment lui parler de sa sœur sans évoquer son assassin, le Sakurazukamori ?
Pour une raison obscure, il ne voulait pas parler du gardien du Cerisier au médium, même si cela revenait à lui cacher la principale clef de son existence.
Non, il ne pouvait se résoudre à lui raconter comment cet homme avait piétiné sa vie comme ces cadavres dont il nourrissait l’Arbre millénaire mais il ne pouvait malgré tout pas lui mentir en lui assurant qu’il n’en avait jamais entendu parler.
Subaru s’était adressé à lui en espérant qu’il l’aiderait à déchirer ce voile de mystère entourant sa vie passée, il aurait après tout très bien pu en parler à quelqu’un d’autre, même si eux auraient été incapables de le renseigner.
Subaru lui faisait confiance. Et il ne voulait pas trahir cette confiance.
- Elle s’appelait Hokuto Sumeragi, fit-il. C’était ta sœur.
- Ma sœur ?! s’exclama l’exorciste, incrédule.
- Jumelle, précisa Kamui.
Subaru ne dit rien. A la lumière de la révélation du jeune homme, c’était vrai que ça ressemblance physique avec la jeune femme était des plus troublante maintenant qu’il y songeait. Cependant, une question le taraudait mais, sans savoir pourquoi, il hésitait à la poser. Etrangement, Kamui semblait s’en douter car il détourna les yeux au moment où le médium se pencha sur lui.
- Kamui, dis moi… de quoi est-elle morte ?
L’interpellé tressaillit, il avait redouté cette question, bien qu’elle fut immanquable.
- Elle a été assassinée.
Lui même n’en revint pas de la froideur avec laquelle il avait révélé cela.
L’espace d’un instant, il vit le regard du médium s’assombrir. Ses yeux étaient fixés sur lui mais il ne le voyait pas pour autant. Un frisson le traversa, ce regard vide et inexpressif lui faisait peur.
Subaru ne disait toujours rien et le lycéen, tendu comme un arc, attendait et redoutait la question qui allait suivre. Car elle viendrait, c’était inévitable.
Et pourtant, Subaru se taisait.
- Kamui…, commença-t-il soudain.
- Je n’en sais rien !! s’écria soudain l’adolescent en réponse à cette question muette. Je ne sais pas qui l’a tué ! Je ne peux pas te répondre…
Sa voix s’apaisa soudain et il s’aperçut qu’il s’était levé et s’était penché sur Subaru, ses mains à plat sur la table de pierre.
Le visage de l’exorciste exprimait la plus totale stupéfaction et Kamui, piteux, finit par se rasseoir.
- Excuse-moi, bredouilla-t-il. Je ne sais pas ce qui m’a pris.
- Ce n’est pas grave, le rassura Subaru ave gentillesse.
C’est vrai que la réaction pour le moins violente du lycéen l’avait surpris mais il se l’était déjà expliqué avec facilité : Kamui avait probablement connu Hokuto de son vivant et le fait de n’avoir jamais su qui était son assassin l’avait sans doute profondément marqué.
Peut-être même qu’il paressait tant l’aimer parce qu’il reconnaissait la jeune femme en lui…
- Tu la connaissais bien, Hokuto ?
A cette question, Kamui sursauta.
- Euh… c’est à dire que…, balbutia-t-il, embarrassé. Il ne pouvait tout de même pas lui dire qu’il connaissait effectivement la sœur défunte de Subaru, mais sans l’avoir rencontré une seule fois.
- Non, pas vraiment. En fait, je la connaissais surtout par toi, répondit-il, ce qui, après tout, était la vérité nue.
- Ah bon, fit éloquemment Subaru. Cette explication venait de faire s’effondrer toute sa théorie.
Kamui était décidément un jeune homme bien curieux.
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Kestrel21
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Jeu 20 Avr - 18:07

Hôtel de Ville, quartier de Shinjuku 18 h 09…

J’en ais assez. Je me sens seul. Ça fait combien de temps qu’elle n’est pas venue ?
Je ne sais pas. Je ne saurais pas dire si cela fait 5 minutes ou 10 ans qu’elle n’est pas venue me voir. Elle me manque. Je serais tellement plus content si elle était là mais on dirait qu’elle ne m’aime plus. Si elle était contente d’être avec moi, si j’étais vraiment son meilleur et son seul ami comme elle me le susurre si souvent, alors pourquoi m’abandonne-t-elle ?
Est-ce parce qu’elle préfère être avec lui ? Et si elle préfère être avec lui, ça veut dire qu’il est mieux que moi ?
En tout cas, je ne l’aime pas, celui-là. Avant, je ne savais même pas qu’il existait. Mon univers se résumait à elle, à sa peau, au son de sa voix. Mais un jour, je l’ais vu me quitter et partir avec lui, en me laissant terminer seul ce que nous avions commencé.
Qu’elle me quitte, c’est toujours douloureux et je ne le supporte qu’en sachant qu’elle va revenir le lendemain. Mais cela fait longtemps qu’elle ne vient plus me voir. Trop longtemps pour moi. Je me sens presque triste. Je me sens si vide quand elle n’est pas là, avec moi.
Pourquoi le préfèrerait-elle, lui ? Peut-être que je ne lui plaît plus. Est-ce qu’elle délaisse ainsi tout ce qui l’ennuie ? L’oubliera-t-elle lorsqu’il ne l’amusera plus ?
Non, elle ne m’a pas oublié. Elle me l’a dit qu’elle m’aime. Plus d’une fois. Mais c’était il y a combien de temps ? Je n’en sais rien. Je n’ais plus aucune notion du temps depuis qu’elle est partie. Elle est la seule chose qui rythme mes journées. Et je l’aime trop pour qu’elle m’abandonne.
J’aimerais bien lui dire de revenir, que je m’ennuie, qu’elle me manque. Mais elle ne le comprendrait pas, même si elle est la seule qui puisse me comprendre vraiment.
J’aimerais bien le tuer, lui, et lui faire mal, pour qu’elle le laisse et qu’elle revienne. Que ça redevienne comme avant, quand on se ressemblait tellement, quand elle était mon unique amie et que j’étais son unique compagnon.

J’en ais assez, je me sens seul.

Ça fait combien de temps qu’elle n’est pas venue ?

% % % % %

- Tu reprendras bien encore un peu de thé, Satsuki ?
La jeune fille tendit sa tasse vide avec un sourire et Yuto y versa un peu du liquide brûlant. Elle le remercia et porta le récipient à ses lèvres.
- Cela fait longtemps que tu n’as plus été voir Beast, non ?
Satsuki leva vers le jeune homme blond un regard surpris.
- Bientôt deux jours, pourquoi ?
- Je ne sais pas… je pensais que peut-être, il s’ennuyait tout seul.
De plus en plus étonnée, elle reposa sa tasse sur la petite soucoupe qu’elle tenait en main.
- Pourquoi donc Beast s’ennuierait-il ? Il ne connaît pas la solitude, c’est une erreur que de lui prêter des sentiments humains.
- Pourtant, tu lui parles toi. Ne te réponds-t-il pas, à sa manière ?
Elle haussa les épaules.
- C’est différent. Je suis sa récréation de quelques heures par jour, c’est tout. Je ne pense pas qu’il soit attaché à moins au point de se sentir seul.
Yuto l’écoutait, jouant distraitement à faire monter et descendre la fermeture éclair de sa veste.
- Je ne crois pas, répondit-il finalement. Je dis peut-être une bêtise mais il a vraiment l’air de t’adorer. Peut-être est-il même jaloux lorsqu’il te voie avec moi.
- Non. C’est idiot ce que tu dis ! répliqua la brune avec mauvaise humeur, sans qu’elle ne sache trop pourquoi. Pourquoi serait-il jaloux ?
- Parce que tu passe plus de temps en ma compagnie qu’avec lui, murmura le dandy blond avec emphase.
- Tu dis n’importe quoi…, trancha la jeune fille brune tout en portant à nouveau la tasse à ses lèvres.

% % % % %

Elle exhala un profond soupir et un long frisson secoua son corps.
Elle remonta le fin drap de coton sur son buste en tremblant et se recroquevilla légèrement sur elle-même, tentant de conserver le peu de chaleur qui lui restait.
Elle leva la tête et contempla quelques secondes le reflet que lui renvoyait la glace placée en face de son immense lit à baldaquin. L’image d’un femme malade, clouée au lit par la fièvre et la fatigue. Elle eut un pauvre sourire, elle qui avait tellement peu l’habitude de s’apercevoir ainsi.
D’ordinaire, lors qu’elle se mirait dans cette immense psyché murale, elle se régalait de la vue d’une grande femme ombrageuse, aguichante, élégante et fière.
Qu’elle était pitoyable ainsi, elle éprouvait presque du dégoût à se voir comme ceci, exposée aux regards et tellement vulnérable.
Elle posa sa main aux longs ongles vernis de noir sur son front. Il était brûlant de fièvre et humide de sueur. Et pourtant, elle grelottait et claquait des dents alors même que la fenêtre de sa chambre était hermétiquement close.
Mais surtout, elle avait l’impression qu’une main glaciale lui broyait l’estomac, provoquant d’insupportables douleurs.
Si seulement cela pouvait cesser… mais quand son supplice s’achèverait enfin, elle n’en avait aucune idée.
Elle en connaissait uniquement la cause : Kamui.
Depuis que le jeune garçon les avaient rejoint, elle se trouvait dans cet état lamentable. Mais cela ne semblait guère attendrir leur leader.
C’était cette présence implacable, écrasante qui la rendait ainsi, cette volonté sans faille, cette envie, ce désir de tout détruire sur son passage, y comprit ses compagnons d’armes, qu’il ne paressait d’ailleurs pas considérer comme tels. Et également cette absolue indifférence, ce pouvoir formidable qui émanait de lui même alors même qu’il se trouvait en plein sommeil…
Un frisson la secoua et elle plaqua ses mains sur son ventre avec une grimace de douleur.
Elle avait envie de crier tant sa souffrance était intense mais seule un faible gémissement franchit ses lèvres entrouvertes.
Où pouvait bien se trouver Kamui ?


A suivre…
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Allie-chan
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MessageSujet: Re: [X1999] L'Absent (terminé)   Sam 22 Avr - 17:31

j'ai tout relu, ce n'est pas nouveau, ça m'arrive régulièrement XD
et j'adore vraiment cette fic >_< ma préférée sur X je pense

j'aime beaucoup ta façon de mettre en scène tes personnages, surtout ^^
(et je ne m'étais pas rendue compte de la longueur des chapitres O_o c'est fou)
enfin bref: la suite, encore et toujours ¤__¤

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[X1999] L'Absent (terminé)

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