Alea, tu me sauves XD
Aka va prendre de la place ^^
Merci >_<
_____________________________
Chapitre 9 : Douceur« On ferme les yeux des morts avec douceur ; c'est aussi avec douceur qu'il faut ouvrir les yeux des vivants. »Jean Cocteau
~Août, première semaine~
Midori leva la tête. Son regard se perdit dans le ciel bleu et pur, sans un nuage. Et pourtant, il y avait eu un orage la veille...
Il faisait beau, beau et chaud, et l’endroit était silencieux... Ca avait quelque chose d’oppressant, au fond. On était au beau milieu de l’été, ils avaient rejoint Koori un peu moins de deux mois plus tôt, et, pourtant, les choses avançaient déjà de manière régulière. Pas rapidement, mais régulièrement, et c’était suffisant. Après tout, il leur restait encore dix mois, et dix mois, c’est long. Surtout si Fukidasu se décidait à revenir. Enfin, Midori ne s’était jamais très bien entendue avec celle-ci, alors... Tout comme Koori, bien qu’il eut, évidemment, une grande affection pour l’étudiante, même si le cachait. Cela faisait partie de son caractère... Les quatre Kounen’ avaient discuté la veille, relatant les deux derniers mois. Kareha avait retrouvé le fameux Kunimitsu et considérait que le travail ne serait pas trop dur ni pour Hiro, ni pour Kyo. Il fallait encore qu’elle rencontre son troisième maudit... et peut-être qu’elle parle avec Kureno, bien qu’il soit libre.
Koori, discret, avait décrété qu’il s’en tirerait avec facilité pour Yuki, surtout si Midori l’aidait. Cette dernière n’avait guère apprécié le regard évasif de son ami quand il avait prononcé ces mots. Yuki lui plaisait, c’était vrai, c’était normal, mais était-il utile d’en faire tout un plat ? Surtout quand lui refusait d’aborder son entrevue avec la chef de famille... Midori était rarement en colère contre Koori. Mais là, elle lui en voulait. Un peu. Jamais plus qu’un peu, c’était impossible, elle lui devait trop, elle lui était trop attachée.
Akarui ne connaissait qu’un seul de ses maudits, Momiji, et, étant devenu ami avec lui, jurait que le garçon allait bien et était probablement le moins compliqué parmi tous les Soma, ce en quoi Midori était d’accord. Momiji était adorable, vraiment. De toute façon, ces derniers temps, Akarui était bien plus intéressé par les Tokyoïtes féminines que par la malédiction, et cela commençait à courir sur les nerfs de ses colocataires.
Et elle... elle, elle n’avait vu que le Bœuf, pour le moment. Hatsuharu. Il était étrange, comme elle s’y attendait – mais il lui plaisait bien. Il ressemblait à Carl, quelque part. Mais Midori savait qu’elle serait totalement incapable d’avoir pour Haru la même attraction que celle que Carl avait exercé sur elle, à l’époque. Oh, merde, elle ne voulait pas penser à Carl. Pas maintenant. Pas alors que ça ferait quatre ans dans moins d’une semaine, pas alors qu’elle avait encore si mal. Pas alors qu’il lui manquait au point de trouer son cœur, comme avant. Carl... Elle l’avait tué, n’est-ce pas ? Tout ça, c’était sa faute.
Tout en sachant que Koo avait les mêmes pensées vis-à-vis de Zora, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable, plus encore qu’autrefois. Ils les avaient tué, tous. Akarui, Kareha et Fukidasu avait affronté la nouvelle avec plus de sérénité, c’était une question de professionnalisme, sans doute... D’un autre côté, aucun des trois n’étaient tombé amoureux, là-bas.
C’est trop tard pour les regrets, elle le savait très bien. Alors, tout en ne regrettant pas, elle était malheureuse – triste à en crever, parfois, quand elle allait mal. Mal au point de faire résonner la voix cassée de Carl à ses oreilles. Ca arrivait certains soirs, quand elle se passait ce CD, et dans ces moments-là, Koori la serrait dans ses bras jusqu’à ce qu’elle se calme. Il la comprenait. Zora lui manquait affreusement sans doute, mais il n’en parlait pas – jamais. C’était un tabou. L’Allemagne, entre eux, n’était qu’évoquée à mi-mot. Et le même CD, celui que Zora avait offert à Koo, était neuf.
La jeune fille avança, pénétrant à l’intérieur d’un petit bois clairsemé, et la fraîcheur du lieu lui fit du bien. Elle se laissa guider par son envie de marcher pour se changer les idées, et, sans s’en apercevoir, arriva jusqu’à un potager devant lequel était accroupi un jeune homme dont elle reconnut la silhouette. Bien sûr, elle aurait dû s’en douter... le comprendre. L’endroit était imprégné par la présence des Soma, elle s’en apercevait à présent.
« -Yuki ? appela-t-elle. »
Le garçon se retourna vivement, sur la défensive, puis se détendit en reconnaissant Midori.
« -Ah, Midori-san, bonjour. »
Celle-ci s’approcha.
« -Un potager ? Je vois, c’est cela, ton "jardin secret"...
-On peut dire ça comme ça... »
Il eut un sourire, prit l’arrosoir à côté de lui et versa un peu d’eau sur une plante.
« -Je les arrose deux fois par jour en ce moment, il fait tellement chaud...
-Surtout que tu les couvres quand il y a de l’orage, non ?
-Oui.
-C’est beaucoup de travail, Yuki-kun, dit-elle avec un sourire rieur.
-Oui, mais... Ca me donne l’impression de pouvoir m’occuper de quelque chose. De ne pas être totalement inutile. »
Midori éclata de rire pour chasser le malaise qu’elle percevait chez Yuki.
« -Ne dis pas ça, tu mettrais Motoko-sempaï au désespoir si elle t’entendait ! »
L’adolescent eut un sourire, reposa l’arrosoir, puis se releva.
« -Honda-san est à la maison, je pense que ça lui ferait plaisir de te voir. Tu viens prendre un thé ? »
Il s’interrompit brusquement.
« -Ah, mais je crois que tu préfères les jus de fruits, non ?
-Ce n’est pas ça, Yuki-kun.
-Hum ?
-Tohru vit chez toi ? »
L’expression de surprise amusée qui s’était peinte sur le visage de Midori était parfaitement crédible, parfaitement jouée. Presque réelle. Yuki rougit.
« -Euh, à vrai dire...
-Je m’en doutais un peu.
-Honda-san et moi...
-Tohru-chan et toi ?
-Non, rien. »
Midori sourit de nouveau. Dans la pénombre du sous-bois, Yuki ne perçut pas vraiment l’expression de la jeune fille, et il aurait été bien incapable de dire si elle était amusée, triste ou ironique.
« -Oui, répondit-elle. Je viens. Et un thé me convient parfaitement.»
Koori passa de nouveau par-dessus le mur, sans hésitation cette fois. Il savait qu’il y avait des chances pour qu’Akito lui ait interdit l’accès du manoir, en donnant une description de lui par exemple, mais il était prêt à prendre le risque. Ca valait le coup.
Il fallait qu’il la revoie. Qu’il s’excuse, comme l’avait dit Yuki, puisque c’était la meilleure chose à faire.
« Je dirais que j’irais m’excuser. Et peut-être que je l’embrasserais de nouveau... Ah, mais tu ne l’aimes pas, donc... »Il lui avait exposé quelque chose dans ce genre-là. C’était intelligent. C’était un bon conseil. Un bon conseil qu’il suivrait, car de toute façon, il pensait la même chose que le Rat. Présenter ses excuses à Akito était sans doute le seul moyen de l’approcher à nouveau sans trop forcer. Evidemment, si il était obligé de le faire à un moment où à un autre, il le ferait. Il ne pouvait pas perdre, et elle serait incapable de lui barrer longtemps la route.
« -Akito. Bonjour. »
Elle ne se tourna pas vers lui, ne bougea pas, ne parla pas, restant assise sur la terrasse. Il attendit, appuyé au chambranle, les bras croisés, fixant la nuque de la déesse, qui ploya soudain.
« -Pourquoi fallait-il que tu reviennes ? Imbécile ! »
Koori cligna des yeux. Impossible. Elle pleurait. Oh, non, tout mais pas ça. Ca, il ne pouvait pas le supporter, c’était au-dessus des ses forces...
En trois grandes enjambées, il la rejoignit, puis s’agenouilla près d’elle.
« -Ne pleure pas, Akito. Je suis venu te demander pardon... Tu sais, je ne te veux pas de mal...
-Je me fiche de tes excuses ! s’exclama-t-elle avec hargne. Et si tu ne me veux pas de mal, alors, que fais-tu ici ? Pars, je...
-Est-ce que c’est vraiment ce que tu veux ? »
Elle le regarda, les yeux écarquillés.
« -Pardon ?
-Akito, est-ce vraiment ce que vous voulez ? Que je parte ?
-Oui, bien sûr. Tu me prends pour un idiot ?
-Un idiot, certainement pas, une idiote, ça pourrait déjà arriver plus facilement... »
Elle le fixa et renifla, hésitant entre rire et crier – elle choisit intelligemment de se moucher et ainsi d’éviter une décision hâtive.
Il la regarda, l’air presque inquiet, et au fond de ses yeux bleus et froids, elle décela une trace de quelque chose qui ressemblait à de la douceur. Bien cachée. Mais présente.
Et, pendant plusieurs, minutes, ils restèrent à se regarder l’un l’autre. Puis Koori secoua la tête avec un léger sourire :
« -Tu n’es vraiment pas banale, hein ? »
Elle resta silencieuse.
« -Tu me hurles que tu veux que je parte, mais c’est faux, Akito, je le sais très bien.
-Tu as eu l’audace de lire dans mes pensées ?
-Là, là... dit-il en posant ses mains sur les épaules de la jeune femme pour l’empêcher de se lever. Non, je n’ai pas fouillé ton esprit, je n’en ai pas eu besoin.
-Alors, comment sais-tu...
-Tu n’as pas nié. Et ça se voyait dans ton regard. Tu aurais pu me donner un nombre de coups incalculable, si tu l’avais voulu... »
Il se déplia, gardant une main sur l’épaule d’Akito.
« -Je pars.
-Pourquoi ?! »
Le cri était parti sans qu’elle s’en aperçoive ; elle se mordit la lèvre.
« -J’ai à faire. Mais je reviendrai. Au fait...
-Quoi ?
-Vous acceptez mes excuses, Akito ?
-Va au diable. »
Koori partit avec un petit rire. C’était gagné. Finalement, Akarui n’avait pas tort, quand il disait que le meilleur moyen d’embrouiller une femme, c’était de l’embrasser. En même temps, Koori préférerait largement que son cousin se concentre sur leur mission, plutôt que sur les moyens d’embrouiller les femmes. Il avait déjà raccompagné trois jeunes filles chez elles la semaine dernières, parce que ce rustre était reparti sans rien dire. Et évidemment, c’était lui qui se coltinait les cris...
_________________
Même si tu ne ressens plus rien, sache que les bouts de mes doigts ont l'odeur de ta peau depuis toi et moi et qu'il faut beaucoup plus que des sceaux de mots pour emporter tout ça, pour nettoyer tout ça...
{Cali}